La chronique anachronique de Hubert de Champris

Claude Ribbe, Le Général Dumas, né esclave, rival de Bonaparte et père d’Alexandre Dumas, Tallandier, 240 p., 19,90 €.

Faisons-nous l’avocat du Diable noir puisque c’est ainsi que Claude Ribbe avait, chez Alphée, intitulé la première édition en 2008 de cette biographie. Croyant bien faire, l’éditeur avait alors entouré le livre du fameux bandeau promotionnel sur fond rouge. On présentait ce diable comme un « précurseur français d’Obama ». Rappelons que les anachronismes ne sont recevables que lorsqu’ils émanent de notre cervelle, perdant alors ipso facto ce caractère. Heureusement, les éditions Taillenbiais se sont ici abstenues de sacrifier au ‘‘politiquement correct’’ et on a pas eu droit à un général Dumas « précurseur de Black Lives Matter ».

Ces notes ont été arrêtées le 29 mai 2021. Elles reprennent et augmentent celles publiées le 20 mai dernier.

On vous les livre parce que, nous a-t-on toujours enseigné, s’il est poli d’être gai, de taire ce qui peut déplaire, de ne parler ni politique, ni religion, que de la pluie et du beau temps (ce qui est au reste très sain comme l’avait relevé Chesterton), s’il est en somme requis d’appliquer en toutes circonstances, même à l’article de la morgue (comme dirait ma concierge), le fameux ‘‘ne jamais s’expliquer, ni se justifier, ne jamais plaindre’’ de la couronne britannique, on ne doit, non plus, jamais dire je, quitte à se réfugier sous un nous que l’on dira ici de modestie.

Voici donc ce que nous a inspiré la réédition de la biographie de Dumas père par Claude Ribbe… des brèves, des brides de pensée que d’aucuns diront des brèves de comptoir, vous savez cet endroit où, fait de gouaille et de bon sens, l’inconscient jaillit à plein pot :

« Tenter d’arrêter le temps

  1. Finkielkraut : « Ribbe, ah ! ce normalien noir » et si ç’avait été l’inverse « A F ? ah oui, ce normalien juif ! », que n’aurait-on pas dit !

Tenter d’arrêter le temps – politique de stratification (on allait presque écrire : de calcification) puis d’assimilation – Il ne faut pas confondre l’affluent et le confluent, lequel, lui-même, deviendra l’affluent d’un confluent par nature encore inconnue. – Se couler dans le courant principal – sources et résurgences ; aux origines des grands fleuves (Mékong, Loire etc)

  1. 14 : à propos de Dumas romancier : « Lui, dont le phénotype ne laissait rien deviner. » – la civilisation, c’est se cacher derrière son petit doigt (même si personne n’est dupe) ; c’est jouer le jeu comme les enfants jouent : avec sérieux – Les enfants, mêmes martyrs, n’apprécient guère qu’autres qu’eux-mêmes s’autorisent à critiquer leurs parents.

Les indo-européens – engendrement – diversité, ou : diverses cités – graveur d’Histoire : L’Histoire est grave, elle est à graver, mais il ne faut pas la prendre au sérieux, tout du moins, il ne faut pas à tout bout de champ(ris) la prendre au sérieux.

De la génétique à l’épigénétique – pluriel/singulier – racistes, racialistes et multiculturalistes : même combat ; ils mènent bien, en effet, un même combat.

Les mystiques séculières sont d’un autre ordre que les mystiques régulières, celles-ci seules qui perdurent.

Epigénétique mystique.   – Nos ancêtres : ils aimeraient se rappeler à notre (bon ou mauvais) souvenir. Oui, mais si de ces souvenirs, nous n’en avons point ?! Si nous ne nous sommes jamais penchés sur nos ancêtres (ou, plutôt, élevés les yeux vers eux ?) – Toutes les notions véhiculées par la psychogénéalogie.

Dans sa transcription du rapport de captivité à Tarente et Brindisi rédigé par Dumas, Ribbe ne précise pas si, dans la phrase « Mais si [comme il est écrit par mes agresseurs], je me suis défendu, c’est donc que j’avais été attaqué », les italiques sont de sa plume ou de celle du général Dumas.

Ribbe a un fort sens de la justice, et, peut-être, de manière exagérée, confiance « en la justice de son pays », le sens de l’équité ce qui, mariés à la culture, fait de lui un diplomate (un diplomate est d’abord celui qui exerce en permanence une certaine vigilance sur ses paroles.) On l’envoie sur les plateaux quasi pour, comme on dit, ‘‘apaiser les banlieues’’. Une approche superficielle de sa personne nous a fait penser et peut-être même parfois écrire que c’était « Docteur Jekyll et Mister Hyde », qu’avec lui, on ‘‘ne savait pas sur quel pied danser’’. D’abord, c’est nous qui ne savons danser, deusio, lui danse bien, tertio, il est tout à fait bien planté sur ses deux jambes. Il est vrai que c’est en apparence à raison que l’on pourrait le charrier avec ses interventions dignes d’un Sartre debout sur son tonneau et haranguant les ouvriers de Renault à la sortie de Boulogne-Billancourt. Mais, on n’a rien craindre, Ribbe n’est pas un nouveau Franz Fanon, vous savez ce psychiatre d’extrême-gauche, ni le créateur de la section française des Panthères Noires ! Au reste, les gens s’en aperçoivent assez vite sur les plateaux de tv. Il apaise, garde son calme mais les autres ne le comprennent cependant pas très bien car ils gardent toujours en tête que son action, ses propos sont – COMME CEUX DES AUTRES – strictement politiques, alors qu’en fait, ils ne les sont pas. Mais, cela, Ribbe ne le leur fait pas savoir. Si bien qu’avec lui, on est dans un malentendu permanent.

Tâchons de démêler la chose. Rayons d’abord de notre esprit l’assimilation de la cause antillaise – qui doit être vu comme une cause française – à toute autre ‘‘cause’’, les Antilles françaises étant partie intégrante de l’ensemble français quelque soit le statut juridique attribué à cette portion du territoire « France ». Tout ce qui se transforme en « cause », tout ce qui devient ‘‘à la mode’’, tout ce qui se vulgarise, tout ce qui devient bassement politique (et tout ce qui devient ‘politique’ devient ‘bassement politique’) doit être prohibé, faute alors de comprendre de quoi il retourne. Donc, oublions les années quatre-vingt, la marche des Beurs, les curés des Minguettes, Harlem Désir… SOS racisme (qui, de fait, comme l’avait relevé le sociologue Jean Baudrilllard revient à faire du SOS baleines mais avec des racistes… ! Au contraire, se reporter au livre de Paul Yonnet), tout cela risque de brouiller la compréhension de ce qui nous occupe ici. Donc, dissocier complétement Ribbe de la politique américaine woke et compagnie, des BLM et tutti quanti. Demeurer uniquement dans la psychologie et la généalogie et l’Histoire (avec une grande hache comme l’on sait).

Je dis je pour tenter de montrer où se situe le problème.

Je descends en ligne directe d’un général de brigade, aide de camp de Napo, baron d’Empire – qui est mon arrière-arrière….. je vous laisse compter…grand-père, attendu que sa petite-fille a épousé mon arrière-arrière-grand-père paternel, graveur d’Histoire (j’aime cet art qui consiste à graver, à rendre grave, à graver dans le marbre et le métal, des scènes historiques (en somme : à fixer les choses), membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres (pas des belles-mères.) Or, la femme du général en question était esclave aux Antilles quand son futur mariage l’a émancipée. Retrouver toute l’histoire. Mais, en l’état, il est acquis que le statut et la condition d’esclave de mes ancêtres paternels ont pris fin vers 1810 tandis que le statut et la condition d’esclave des ancêtres paternels de Ribbe a pris fin au plus tard en 1848. On constate donc qu’en ce qui concerne la datation du fait traumatique, Ribbe et moi en sont quasi au même point. Par contre, étant donné que le père de Ribbe était antillais et que, entre 1848 et la génération précédent celle du père de Ribbe, il y a eu perdurance d’alliances entre conjoints tous deux descendants d’esclaves, la mémoire ancestrale esclavagiste n’a point diminué côté Ribbe ; elle s’est même augmentée. Entrent alors en ligne de compte la génétique et l’épigénétique. Pour faire simple, l’épigénétique c’est tout ce qui nous arrive, tous les évènements que nous vivons (soit que nous les subissions, soit que nous les générions, consciemment ou non), tout ce que nous faisons « arriver en nous ». Bref, la génétique est de l’ordre de la nature, l’épigénétique, de l’ordre de la culture : elle est même, plus précisément, la culture qui s’est imprégnée en nous, en notre nature jusqu’à ne plus pouvoir s’en détacher. C’est là-dessus, sur cet aspect-là que peut s’exercer la liberté de l’homme. Le « préjugé de couleur » (pour reprendre les termes de Ribbe) dont il se dit à notre avis objectivement l’objet provient effectivement d’une question de peau, rendue plus aigüe de nos jours si l’on sait que les questions de derme sont éminemment des questions post-modernes (contemporaines aussi : Gaston Monnerville, déjà, déplorait que ses collègues aient rechigné à ce qu’il puisse être pressenti comme candidat à la présidence de la République sous la IVème). Il provient aussi en ce qu’on a du mal à se convaincre que la culture puisse l’emporter sur la nature lorsque cette dernière, à tort ou à raison, n’agrée point.

Or, en l’espèce (sans mauvais jeu de mots), Ribbe reprend bien à son compte toute l’Histoire de France et ne fait pas du général Dumas, fils d’un normand de petite noblesse, disons original, aventurier, dépensier et un peu déclassé, le représentant emblématique d’une cause qui serait chère à nos progressistes du moment ; il en fait simplement le parangon et le héraut d’une composante ancestrale de la société française à tort caractérisée et réduite à un trait extérieur, lequel, du ressort de la génétique (« une question de mélanine » comme qui dirait) ne peut être imputé (que ce soit en bien ou en mal d’ailleurs) à celui qui en est le porteur. (Je sens que l’on va tiquer sur l’usage ici du mot de « nature » mais, bref, je n’ai pas le temps d’entrer dans le pourquoi du comment et le comment du pourquoi…)

L’erreur de croire qu’une culture peut et doit être automatiquement, systématiquement déduite d’une nature, ou de la prétendue appartenance, ou de l’enfermement de fait de chaque homme dans une nature est toutefois répandue et même chez les esprits officiellement les plus éclairés. Lire par exemple en ce sens :   Marcel Nguimbi, Popper et l’Afrique, L’Harmattan.

Et ce handicap vécu par celui qui pâtit du préjugé de couleur est encore plus ressenti si la culture et l’Histoire qui vous imprègnent n’a rien à envier à la culture et à l’Histoire dont sont soi-porteurs ceux qui auraient tendance à vous les dénier. En l’occurrence, Ribbe, pensons-nous à bon droit, après avoir fouailler parchemins et vieux papiers, allègue justement se rattacher, du côté maternel à, selon l’expression consacrée, la plus haute noblesse, les groin-groin de la Fromagère (‘‘cet âge est sans pitié’’, c’est Hugo qui l’a dit des ados) et voit ainsi – soyons sérieux – par Guillaumes des Ages et Madeleine Le Groing, son ascendance maternelle remonter au plus tard à la fin du XIVème siècle. Un article polémique pourrait en conséquence se conclure par Finkielkraut, Zemmour, Ribbe, même combat ! ou du genre : « Claude Ribbe déclare ‘‘Le Général Dumas et moi : plus enracinés que nous, tu meurs ! »

Comment certaines grilles de lecture de structures psychologiques permettent de vérifier à l’avance qu’un historien, un biographe, un chercheur appréhendent a priori exactement leur sujet d’étude. Taux de concordance : très élevé entre Dumas père et l’auteur. En vérité, un chercheur est inconsciemment attiré par un sujet d’étude avec lequel il est synchrone. (Ce, indépendamment, de tous paramètres culturels.)

Raison de l’hostilité de Napoléon à Dumas : son appartenance au clan Kléber selon cet historien entendu sur France Culture chez Mauduit.

Soit dit en passant, on a le droit de titiller ses ancêtres… les groin groin de la Fromagère ou les autres ainsi que le faisait, sur Europe 1, Pierre Péchin, à la fin des années soixante-dix… Les Obono et consorts n’ont nulle ambition de s’extirper de leur condition, on dira même plus, de leur être ; en eux, au contraire, une complaisance maligne à s’y maintenir pour en faire une arme, autrefois on aurait dit de classe, aujourd’hui de ‘‘race’’ (avec toute la contradiction qu’il y a autour du mot et de la notion, dans une époque qui use et abuse du mot tout en en contestant la réalité du contenu !)

Dégradation du vocabulaire depuis vingt ans. Autrefois, seul le monde et la mentalité anglo-saxons [accord de l’adjectif au masculin, ce dernier l’emportant sur le féminin] usait du terme de « minorités ». En droit public français, il n’y a pas de minorités, il n’y a même pas de populations, il y a un ensemble indifférencié – un peuple – dont tout le problème est d’articuler sa dimension d’ethnos et celle de demos, les deux aspects se déterminant l’un l’autre sans qu’à l’expérience des siècles l’on puisse discerner si l’une des composantes l’emporte sur l’autre.

En définitive, le cousin Ribbe penche vers le sabre et le goupillon plus que vers la faucille et le marteau, Christine Kelly plus qu’Audrey Pulvar et vers Dumas père et fils, non en tant que représentants intrinsèques et quasi «genrés » d’une des diverses communautés ayant ou continuant d’apporter leur propre eau au moulin France, mais en tant que personnalités qui, chacune dans leur domaine, ont apporté/contribué à l’accroissement du patrimoine de la France et à l’illustration militaire de cette dernière sans que leur apparence physique métissée puisse amoindrir, a fortiori discréditer ceux-ci. [Remarquons en passant que l’on se voit contraint, comme malgré soi, d’emprunter au langage des diplomates, des experts médicaux, des magistrats (de l’ordre administratif surtout), des graphologues etc. qui, dans leur avis ou arrêts, se prononcent négativement. Par exemple : les symptômes ne sont pas incompatibles avec le diagnostic de ; l’écriture examinée n’est pas incompatible avec tel emploi… ; en l’état de ses écritures, le requérant ne démontre pas que l’acte administratif incriminé a outrepassé…] Et le problème qu’il dénonce est bien un problème de couleur transformé volontairement ou involontairement par les deux parties en un problème culturel voire strictement politique. Pierre Vermeren plutôt que Sudhir Hazareesingh.

Reprendre l’idée d’un Soustelle post-gaullien d’Empire français avec un Président de cet empire pouvant être ivoirien, sénégalais etc.

Donc ne jamais tomber dans le pli d’user le vocabulaire de l’adversaire, ce que tout le monde pourtant fait.

George Dumézil, Jacobson, Lévi-Strauss. Pourquoi suis-je devenu structuraliste ? Les structuralistes ne plaquent pas une artificielle grille de lecture sur leur objet d’étude. Ils inventent – au sens où ils découvrent – au cœur de leur domaine de recherche une réalité intangible, un jeu de réseaux récurrent que l’on retrouve selon une certaine régularité, à certain rythme, donc on peut le dire : systématiquement. Cette structuration du fond des choses est donc naturelle et c’est bien cela que notre époque ne supporte pas.

Ribbe, la prochaine fois, devrait développer les arguments du Dragon de la Reine pour parfaire son opposition aux je cite : « spécialistes » qui font la sourde oreille à sa thèse.

Cette nouvelle édition de son Général Dumas est donc augmentée, depuis la première édition, de toute la rage renouvelée de l’auteur à convaincre et – à défaut de ‘‘faire’’ – à rendre justice à l’homme. Augmentée aussi d’un verset laudateur d’AF (Anatole France, pas Alain Fink.) »

Essayons de résumer : résonance exacte entre l’historien et son sujet ; il se retrouve en lui, il s’y trouve. « Le général Dumas, c’est moi ! » pourrait s’exclamer Claude Ribbe (mais Flaubert n’a jamais vraiment dit « Mme Bovary c’est moi ! »). Donc, grief de l’existence, alors, du « préjugé de couleur » à l’encontre du héros : fondé. Comme est justifié celui que formule l’auteur aujourd’hui. Mais, absolue nécessité de vouer aux gémonies (‘‘aux gémeauxnies’’ dit ma concierge) tout l’appareillage actuel de lecture de ces questions qui est par trop idéologique voire complaisamment névrotique. Noter en tant que de besoin (pour reprendre l’horrible formule de l’Administration) que notre auteur coche comme on dit ‘‘toutes les cases’’ : il est pas trop ceci et suffisamment cela, il est équilibré dans ses opinions et ses positions, dans son langage, son attitude générale ; il est un peu suisse et aussi couteau suisse ; il est enraciné avons-nous écrit, mais aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Régime (puisqu’on parle de l’ « Ancien Régime », il serait peut-être temps de nommer celui qui lui a succédé le « Nouveau Régime ») ; irait-on jusqu’à soutenir qu’il pourrait être agréé (on allait dire agrégé) aussi bien par Rivarol que par l’Huma ? On nous souffle – mais on y avait déjà pensé – de nous reporter au scénario de ce film de Polanski : Ghostwriter. Expliquons-nous : […] cela signifie que, réunissant en sa personne et en son action le bonheur et le malheur de l’Ancien et du Nouveau Régime, tout un chacun, tous les citoyens devront pouvoir en lui se trouver.

A partir du moment où l’on célèbre, valorise de quelque manière que ce soit quelqu’un « au titre de », « en tant que », « en sa qualité de représentant de… », on met en valeur volontairement une caractéristique de nature physique, communautaire, comportementale etc. Or, libre à chacun de vouloir se distinguer, se ‘‘particulariser’’ etc mais, de la sorte, en sortant du mainstream, du flux principal, on s’expose, par l’exposition de cette différence (que le sujet estime évidemment positive ou, pour le moins, non préjudiciable à autrui), de cette différenciation expresse et volontaire, on s’expose disions-nous à la « remarque », – que celle-ci soit positive, négative ou purement descriptive c’est-à-dire à un commentaire appréciatif ou dépréciatif. La mise en évidence (a fortiori la revendication) de ce qui est une distinction par rapport au standard a pour contrepartie le risque du commentaire exprimant une réserve voire une dépréciation. Si on recherche fort naturellement reconnaissance ou approbation, le pendant de la démarche, est le risque qu’il n’en soit pas ainsi. Il faut donc veiller à la neutralité de ce qui est valorisé, au risque, sinon, de s’exposer à l’incertitude de la désapprobation ou de l’approbation.

En espèce : deux thérapies, soit faire droit aux ancêtres et, alors, indirectement, ceux qui s’estiment leurs descendants verront le ressenti, le vécu de leur statut (subjectivement défini) amélioré, rehaussé (disparition ou minoration du racisme primaire à leur encontre ressenti), soit remplir directement de leurs droits ces vivants, ce qui entraînera un amoindrissement de la volonté acharnée de commémorer les mérites des ascendants voire sa disparition. (En termes juridiques, nous dirions qu’il y a subrogation des droits et, psychologiquement, transferts d’effets). Ou, alors, le ‘‘célébrant’’ continuera à exprimer le souhait de voir son héros, son ancêtre commémoré et célébré mais ce désir sera vécu en tant que tel, déconnecté de la charge affective négative, du dommage, hic et nunc vécu par le vivant. Fin de la projection de ce dernier vers et en son ancêtre. Et, réciproquement, si c’est ce dernier qui est honoré, la psycho-généalogie dira que l’ancêtre est apaisé, qu’il ne va plus ‘‘travailler’’ le sujet afin que justice lui soit rendue.

On dit toujours que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Oui, mais il est, aussi et en majorité, pavé de mauvaises intentions.

Ce matin, sur France-Culture, Tin et Lentz font allusion à la présente bio. Le second allègue qu’après que le général Dumas eût dirigé un corps de l’armée d’Egypte, Bonaparte l’avait jugé mauvais général, qu’en outre, il avait démissionné de l’armée si bien qu’on ne pouvait se plaindre qu’il n’ait pas été rappelé par lui. A mon (en l’occurrence) humble avis, ce spécialiste de Napoléon saute des étapes. Mais, parallèlement, ne peut-on craindre que Ribbe ne victimise exagérément son personnage ? Je pose la question comme dirait Pascal Praud. Fink aurait dû inviter Ribbe au lieu de ce Tin qui est par trop mainstream et pas très maurassien … ‘‘par trop’’ n’est pas du très bon français mais je trouve que ça sonne mieux que le seul ‘‘trop’’. Pondre une formule du genre « Avec sa plume d’épéiste, Ribbe avec Dumas galope sabre au clair »…est inutile, sauf pour extraire cette phrase et la mettre en exergue d’un encart promotionnel du bouquin… »     

Fin du brouillon.

Hubert de Champris

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