“Bosnie et Herzégovine & Kosovo, situations et perspectives en 2020 dans les Balkans, à la lumière de deux États fabriqués”, par Asmir Kadic

Ces deux États, nés de la dislocation de la Yougoslavie dans les années 90, sont à la croisée des chemins. Cette dernière semble particulièrement embourbée. La Bosnie, comme territoire, existe depuis des siècles mais l’État est né en 1992. Après un conflit hybride, civil et interétatique combiné à une intervention internationale binaire (ONU & OTAN), le pays est devenu un protectorat occidental et plus particulièrement de l’Union Européenne. Le Kosovo, quant à lui, province rattachée à la Serbie, est à l’origine et à la conclusion des guerres balkaniques des années 90. Des manifestations au Kosovo en 1991 à la guerre éclaire de 1999 et jusqu’à la proclamation d’indépendance de 2008, le Kosovo a émaillé les Balkans de ses soubresauts. Cet État est également un protectorat européen. À l’instar de la Bosnie et Herzégovine, l’œil attentif, quoique plus éloigné, des États-Unis, veille. Pour preuve, le camp « Bondsteel », une base américaine, s’y trouve. En outre, le Kosovo accueille le deuxième plus gros contingent de troupes de l’OTAN derrière l’Afghanistan[1].

La Bosnie est un État morcelé. Il est découpé en deux entités (« République Serbe[2] et Fédération de Bosnie et Herzégovine[3]) ainsi qu’un district autonome (correspondant à la municipalité de Brcko au nord est de la Bosnie et Herzégovine). La fédération de Bosnie et Herzégovine est fragmenté en dix cantons ayant des prérogatives subsidiaires conséquentes (constitution propre, gouvernement, police, éducation, etc.). La « République Serbe » a calqué ses institutions sur celles d’un État unitaire, un président, un parlement.  Concernant le district de Brcko, il est autonome vis-à-vis des deux entités. Il est dirigé par un maire et un représentant mandaté par l’ONU. Le mille-feuille institutionnel de la Bosnie est faiblement rattaché par des institutions étatiques centrales : une présidence collégiale, un parlement, une chambre haute, une banque centrale et un système judiciaire uniforme. En outre, un Haut-Représentant, mandaté par l’ONU et l’UE, représente limpidement le « protectorat » qu’est la Bosnie.

Le Kosovo est un cas litigieux. Il s’agit toujours d’une province serbe pour la Serbie et d’un État indépendant selon ses dirigeants et les États l’ayant reconnu[4]. Le dilemme du Kosovo se situe notamment sur sa reconnaissance internationale. Si des États comme les États-Unis reconnaissent le Kosovo, la Russie et la Chine s’abstiennent bien de le reconnaître. L’Union Européenne est divisée sur cette question, malgré la tutelle qu’elle exerce au Kosovo. La plupart des États d’Europe de l’Ouest reconnaissent le Kosovo à l’exception notable de l’Espagne pour des raisons de politique intérieure[5]. A noter qu’un jeu diplomatique sur cette reconnaissance se poursuit, des pays notamment africains et insulaires (pacifique & caraïbes) ont retiré leur reconnaissance. Le Kosovo n’est pas reconnu par l’ONU. Mais il est reconnu par la FIFA[6] et son corollaire européen l’UEFA[7].

Le Kosovo, malgré un statut étatique contesté, est unitaire. Il est constitué comme une république avec un parlement monocaméral. Il a en son sein des enclaves serbes, qu’elles jouxtent la Serbie ou qu’elles soient au coeur du Kosovo comme l’enclave de Pec. La plupart de ces enclaves ne reconnaissent pas l’État kosovar et s’administrent plus ou moins autonome.

Les Balkans sont sortis du carcan médiatique pour n’y revenir que par bribes. Une analyse de la situation n’est pas sans intérêt que ce soit pour la France ou l’Europe en général. Slavoj Zizek, philosophe du cru[8], parlait des Balkans [9] comme de l’inconscient » de l’Europe. Cette dernière y cache son linge sale. Les Balkans occidentaux[10] sont un laboratoire microscopique pour des phénomènes globaux en cours en Europe mais demeurent une périphérie marginale, Croatie et Slovénie exceptées. Les Balkans sécrètent de nombreuses tensions et problématiques qui émergent également en Europe occidentale. La Bosnie et le Kosovo sont au cœur de cette analyse tout en l’incluant dans l’espace ex-yougoslave.

Concernant la Bosnie et Herzégovine, l’actualité marquante des derniers temps a été la désignation d’un premier ministre en novembre 2019 et ce 13 mois après les élections générales d’octobre 2018.  En décembre 2019, Zoran Tegeltija[11] a constitué un gouvernement. Les élections générales d’octobre 2018 ont vu, d’une part, un retour significatif des partis dits « nationalistes » ou « communautaires », une abstention avoisinant les 50 %[12] et une stabilité en « République Serbe » où l’Alliance des Sociaux Démocrates Indépendants maintient son règne depuis 2006.

Si la route des migrants passe davantage par le regroupement familial, l’immigration « touristique » ou « étudiante », les voies maritimes (Méditerranée et mer Égée) et la voie terrestre des Balkans sont des réalités. La Bosnie et Herzégovine est devenue un point de passage de cette route des migrants. Près de 8 000 migrants se trouvent en Bosnie pour une capacité d’accueil de 5 000 personnes[13]. La majorité des migrants présents en Bosnie sont des jeunes hommes, ressortissants de pays nord-africains et d’Asie[14]. Cette situation donne lieu à des heurts entre les forces de police (de Croatie ou de Bosnie) la population locale et les migrants.

La crise des migrants illustre de manière limpide les liens dysfonctionnels entre l’État central et les entités. En effet, l’État central étant réduit à une portion congrue[15], il appartient aux entités de traiter les problématiques sécuritaires internes. Or, la « République Serbe » (RS) a fait l’actualité en avril 2019 lors de la discussion parlementaire[16] d’une loi sur la police. Le projet de loi a été adopté le 18 avril 2019 et il instaurait la création d’une réserve civile de la police. La création de cette réserve répondait à plusieurs impératifs, juguler le flux migratoire, les mouvements sociaux[17]. Néanmoins, en juin, suite à l’injonction du Haut Représentant en Bosnie et Herzégovine et à la réaction des autorités de l’autre entité[18], le projet est abandonné.

Si le conflit armé a été arrêté par les accords de Dayton en 1995, il n’en est rien sur le plan cognitif. La bataille des « mémoires » perdure. Elle oscille entre concurrences et conflits. Milorad Dodik, dirigeant du SNSD et membre serbe de la présidence collégiale de Bosnie et Herzégovine s’est fendu, en avril 2019, d’une déclaration concernant le massacre de Srebrenica. Il a qualifié le massacre de «mythe » et donc de « faux mythe ». Le contenu de la déclaration est à mettre en perspective avec d’autres déclarations de l’intéressé. En 2007, il déclarait à la télévision qu’un « génocide a eu lieu à Srebrenica » pour affirmer ensuite, en 2016, qu’il « ne reconnaîtra jamais le génocide à Srebrenica ».

Si le massacre de Srebrenica est un fait intangible dont les contours doivent être calmement discutés, sa qualification comme « génocide » pose plusieurs problèmes : Comment peut-on avoir un génocide dans une seule localité alors que la plupart des civils « Musulmans » ou « Bosniaques »[19] tués l’ont été au début du conflit et dans d’autres villes du territoire bosniaque? Ainsi, pourquoi ne pas qualifier les crimes commis sur l’ensemble du territoire durant toute la durée du conflit de génocide ? Cette qualification de génocide pose également un problème quant à une éventuelle réconciliation et conduit à des mécanismes de concurrences et de surdités victimaires que ce soit entre communautés ou au sein d’une communauté. Ainsi Srebrenica devient un totem crispant les Bosno-serbes mais également un arbre cachant la forêt qu’est la guerre en Bosnie prise dans son ensemble et inscrite dans le cadre de la destruction de la Yougoslavie.

D’autre part, l’obtention du prix Nobel de littérature pour l’année 2019, par l’Autrichien Peter Handke, a fait l’objet d’une petite campagne médiatique fustigeant l’auteur pour son « révisionnisme » et ses sympathies pro-serbes. En effet, Handke a écrit un opuscule[20] et surtout un pamphlet[21] favorables aux Serbes au sortir de la guerre de Bosnie et Herzégovine. Le point d’orgue de son soutien à la Serbie a été sa présence aux funérailles de Slobodan Milošević en 2006. Par ailleurs, Handke ne s’est jamais repenti.

Enfin, concernant la Bosnie, une actualité confirme la corruption systémique de l’appareil d’État. L’ancien ministre de la sécurité[22], Dragan Mektic, n’a eu de cesse de critiquer le pouvoir judiciaire notamment pour sa tolérance vis-à-vis des djihadistes revenus de Syrie et d’Irak, de la corruption endémique du monde politique bosniaque[i]. Enfin, il a appelé sur Twitter en mai 2019 les citoyens ç manifester contre le Haut conseil des tribunaux et des procureurs[23] (Visoko sudsko i tužilačko vijeće VSTV). Il a notamment écrit sur Twitter que le président de cette instance était corrompu et qu’il était nécessaire d’abolir cette instance « criminelle ». En décembre 2019, alors qu’il n’est plus ministre de la sécurité depuis la mise en place du nouveau gouvernement, il a été inculpé pour abus de pouvoir et corruption avec trois autres personnes[24]. En Bosnie, la corruption est une question de point de vue communément partagé.

À l’instar de la Bosnie mais dans une moindre mesure, le Kosovo a peiné pour trouver un gouvernement. Des élections ont eu lieu en octobre 2019[25] suite à la démission du Premier ministre Ramush Haradinaj accusé de crimes de guerre lors de la guerre du Kosovo alors qu’il était cadre de l’UCK[26].

Il aura fallu près de 4 mois de négociations pour trouver un accord de gouvernement. C’est Albin Kurti[27], moitié Enver Hoxha, moitié Mélenchon, gauchiste et nationaliste kosovar rêvant de grande Albanie, qui est devenu premier ministre en s’alliant avec la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK). Ces élections, si elles ne risquent pas d’améliorer les relations avec la Serbie, ont vu le remplacement (temporaire ?), des pontes de l’UCK, par un mouvement nationaliste de gauche nommé « Autodétermination » et son pendant de « droite », la LDK. En somme, au niveau interne, le changement politique peut être résumé ainsi : on passe de la mafia liée à l’UCK au nationalisme de gauche structuré par le chômage et les mouvements étudiants. Néanmoins, le président reste toujours Hashim Thaçi, cadre politique issu de l’UCK. La marge de manœuvre du nouveau gouvernement reste à déterminer mais risque d’être réduite.

Les relations entre la Serbie et le Kosovo sont au point mort. Ceci a pour point de départ le rejet de la candidature du Kosovo à Interpol en 2018. Le Kosovo attribut ce refus au lobbying de la part de la Serbie, à l’instar de l’activité de la diplomatie serbe pour empêcher la reconnaissance du Kosovo comme État. Cependant, la réputation et la situation sulfureuse du Kosovo comme État failli, plate-forme de trafic de drogue et d’êtres humains, explique davantage ce rejet malgré le soutien américain. Rejet ayant entraîné, fin 2018, l’instauration de droits de douane de 100 % sur les produits[28] importés de Serbie et de Bosnie et Herzégovine.

Un fait divers illustre la problématique des crimes de guerres de l’UCK. En décembre 2019, un garde forestier à la retraite, apparemment sans histoire, a été retrouvé assassiné près de Pristina. Un assassinat qui prend une autre envergure lorsque la compagne du défunt révèle que ce dernier était un témoin protégé du Tribunal spécial situé à la Haye[29] et qu’il devait témoigner dans le cadre du procès de l’ancien Premier ministre Ramush Haradinaj[30]. Ce témoin n’est pas le premier à avoir été assassiné. Son assassinat montre la difficulté de protéger des témoins et notamment dans le cadre des crimes commis par l’UCK.

Si les Balkans occidentaux sont une périphérie de l’Europe et en marge de la mondialisation, ils sont toujours un foyer d’instabilité. Les puissances occidentales, par l’intermédiaire de la France et de l’Allemagne, ont tenu un sommet sur les Balkans à Berlin en avril 2019. L’enjeu était de relancer les relations entre le Kosovo et la Serbie. Ce fût un échec cuisant puisque rien n’est ressorti des courtes discussions. La Serbie a demandé la suspension des droits de douane comme condition sine qua non à toute reprise de discussion. Le Kosovo, fort du soutien des États-Unis, pose la reconnaissance du Kosovo en tant qu’État par la Serbie comme préalable au retrait des barrières tarifaires. En juillet 2019, Emmanuel Macron s’est rendu à Belgrade. Le président français s’est essayé au serbe dans son discours quelques mois après un incident diplomatique survenu lors de la cérémonie de l’armistice de 1918 à Paris[31]. Comme de coutume, nombre de mots ont été prononcé mais peu d’avancés concrètes.

L’envoyé spécial des États-Unis, Richard Grenell[32], signe peut être un désengagement relatif des États-Unis dans la droite ligne de Donald Trump en matière de politique étrangère : « Business first ». Lors de sa tournée dans les Balkans, le diplomate a été très mesuré en déclarant que les États-Unis étaient intéressés par « le développement économique » et qu’ils laissent « les questions politiques » aux autorités locales[33].

En définitive, la Bosnie et Herzégovine et le Kosovo sont deux pions placés sur un échiquier secondaire. Ces deux États ont été créés, sous l’impulsion des États-Unis et de l’OTAN, dans le cadre de la mise en œuvre du « stade building » [34]. Ils sont supervisés par l’Union Européenne comme des protectorats. Force est de constater qu’il s’agit d’échecs[35], voulus ou non, tant sur le plan institutionnel qu’économique. La situation actuelle est marquée par une stagnation en tout point de vue, l’émigration, le dépeuplement structurel et aucune perspective d’évolution économique à cause des structures étatiques corrompues en place, mille-feuille institutionnel en Bosnie et État mafieux au Kosovo. Le séparatisme de la RS en Bosnie et le spectre de la « Grande Albanie » portent les germes de conflits à venir. Carrefour où se croisent des influences classiques comme celles de l’Allemagne, de la Russie et de la Turquie, l’ex-Yougoslavie ont vu émerger l’intérêt des États-Unis depuis les années 90. A noter que la Chine, dans le cadre des « nouvelles routes de la Soie », investit activement dans des Balkans, davantage objets de l’Histoire qu’acteurs autonomes.

Asmir Kadic


[1]3 526  militaires en provenance de 27 pays dont 659 américains au 25/01/2020. (source: https://jfcnaples.nato.int/kfor/about-us/welcome-to-kfor/contributing-nations )

[2]Entité à majorité serbe

[3]Entité à majorité bosniaque et croate

[4]En violation de la résolution 1244 de l’ONU qui réaffirme « l’attachement de tous les Etats membres à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie (id est Serbie) et de tous les autres États de la région ».

[5]Le cas catalan

[6]Fédération internationale de football association

[7]Union des associations européennes de football

[8]Slovène

[9]https://www.youtube.com/watch?v=_n3CNp-Ef5I

[10]Comprendre « Ex-Yougoslavie »

[11]Membre du SNSD (Alliance des sociaux démocrates indépendants), parti politique majoritaire auprès des Bosno-serbes

[12]Abstention au niveau des entités : 43 % pour les élections générales en «République Serbe ». 48 % au niveau de la fédération de Bosnie et Herzégovine

[13]Selon les déclarations de Dunja Mijatovic, commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Dépêche AFP 10/12/2019

[14]Irak, Afghanistan et Pakistan.

[15]Défense, Affaires étrangères, économie et finances, justice

[16]Au niveau du parlement de l’entité « République Serbe »

[17]D’inspiration « révolution colorée » notamment « pravda za Davida » (justice pour David) sorte d’Adama Traoré local tué par la police de la RS. Des mouvements légitimes, peu relayés médiatiquement, existent également.

[18]A savoir la création d’une réserve similaire

[19]Il s’agit là des deux dénominations pour les slaves musulmans durant le XXème siècle, Musulman avec une majuscule désigne une nationalité reconnue par le régime communiste. En 1994, durant la guerre, les Musulmans changeront de dénomination pour devenir « Bosniaques ».

[20]Un voyage hivernal vers le Danube, la Save, la Morava et la Drina, Gallimard, 1996

[21]Publié en 2 parties dans le Süddeutsche Zeitung  les 5 et 13 janvier 1996 et intitulé « Justice pour la Serbie »

[22]Ministre de l’intérieur

[23]Chargé de désigner les magistrats

[24]L’affaire porte sur un détournement de fonds européens

[25]Marquées également par une abstention de l’ordre de 55 %.

[26]Armée de Libération du Kosovo

[27]Dirigeant du mouvement « Autodétermination »

[28]D’origine serbe ou bosniaque

[29]Le tribunal spécial pour le Kosovo, créé en 2016, est une juridiction de droit kosovar, mais dont les locaux ont été installés à La Haye, aux Pays-Bas. Il est financé par l’Union Européenne id est les États membres. Il résulte notamment du rapport publié en 2011 par Dick Marty pour le compte du Conseil de l’Europe.

[30]Ramush Haradinaj a déjà été inculpé par le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et a été acquitté en 1ere instance et en appel. A noter que cet acquittement a été facilité par la disparition, la mort ou l’amnésie de 12 témoins à charge.

[31]Durant laquelle le président serbe, Aleksandar Vucic a été relégué comme invité secondaire a contrario du président kosovar installé à la tribune principale non loin d’Emmanuel Macron.

[32]Qui n’est autre que l’ambassadeur des États-Unis en Allemagne

[33]Déclarations reprises dans la dépêche AFP du 24/01/2020

[34]Construction d’État

[35]Comme l’Irak et  l’Afghanistan


[i]Nota Bene : S’il est désormais commun en France d’utiliser le gentilé « Bosnien » pour désigner tous les citoyens de Bosnie et Herzégovine, nous nous cantonnons à l’appellation « Bosniaques » pour désigner tous les habitants, qu’ils soient Bosno-serbes, Bosno-croates ou Musulmans bosniaques car si la circoncision (pour les hommes, quoique) peut différencier les uns des autres, il s’agit, pour l’auteur, de la même population (peuple?) qui a pris des trajectoires différentes et s’est trouvée engoncée par les millets turcs, la mitteleuropa austro-hongroise puis le socialisme autogestionnaire titiste.  Les guerres du Xxème siècle (Guerres balkaniques, WW1,WW2 et la guerre de 1992-1995 n’ont pas pu libérer les slaves du sud mais ont  tracé des frontières de sang entre eux.

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