2 commentaires pour “Vidéo de la conférence d’Eric Branca : « Remettre l’histoire des idées politiques à l’endroit »”

  1. Éric Guéguen :

    Tout à fait bienvenue la mise au point sur Rousseau (et Hegel dans un même élan).
    Je ne connaissais pas cette phrase de Carl Schmitt, ou alors elle m’a échappé. S’il y a moyen de connaître la référence exacte, je suis preneur.

    Merci pour cette conférence,
    EG

  2. ace :

    L exercice était difficile.Vous Vous vous en êtes fort bien acquitté.

    Sur le rôle des cyclopes. Leur échec ne tient pas tant à leur asociabilité qu’à leur absence de maîtrise de la métis, qui est le sens stratégique pur sans lequel rien n’est possible et avec lequel tout est possible (ce pourquoi Zeus l’avale, de sorte que jusqu’à la fin des temps il ne pourra plus jamais être doublé par aucun rival, comme lui même a doublé son père).

    La façon dont les physiocrates abordent l’étude des phénomènes économiques est injustement sous-estimée. Elle est plus profonde, plus intéressante que celle développée par l’économie politique d’un Smith, d’un Ricardo, et même d’un K. Marx qui emprunte beaucoup d’ailleurs à l’économie politique « bourgeoise » qu’il méprisait tant (en fait il emprunte l’essentiel)… Beaucoup plus audacieuse donc est la pensée économique des physiocrates (à l’intersection de l’anthropologie économique et de l’économie normative), injustement réduite au fait d’avoir manqué l’économie industrielle. En un sens, on pourrait les rattacher à l’école historique allemande, ancêtre des sciences de gestion, qui fut également injustement éliminée par Walras.

    Rousseau, pour toute l’histoire de la pensée politique, est considéré comme le dernier des Anciens. Alors que le premier des modernes est B. Constant. Il est avant tout très proche du rationalisme politique classique. La lecture qu’en ont fait les allemands est ridicule. En dehors de Kant qui l’a quand meme bien « stylisé », tous les autres sont dans le contre-sens quasi systématique (Hegel, Fichte, etc.)

    S’agissant de Hobbes: le peuple ne contracte pas avec le peuple: car il n’y a pas encore de peuple institué, lequel ne survient qu’à la signature du Pacte. Il y a seulement une multitude (la souveraineté n’est rien d’autre que la formule de subsomption du multiple à l’un). Hobbes est le père du libéralisme politique, du marxisme, du capitalisme. Bref de toutes les conceptions politiques qui font de l’extension d’un régime au monde entier une condition de sa perennité (bien montré par L.Strauss).

    Pour une critique islamique de l’idée de « religion mondiale » considérée comme impossible (la religion étant un type de régime parmi d’autres), voir Al Farabi.

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