« Dans 18 mois, un krach financier très vraisemblable », par Morad El Hattab

Article paru sur Agoravox

« Une récente estimation (…) évalue les actifs de la BCE entre 2700 et 3000 milliards . Les actifs comprennent l’argent qu’elle a prêté ainsi que les créances douteuses des banques et des pays membres de l’UE. Quant aux fonds propres, ils s’élèvent à 13,3 milliards . Nous avons donc un effet multiplicatif de 203. A ce niveau-là, la BCE n’est pas une banque : c’est le plus dangereux des hedge funds ! »

L’engrenage grec, Eric Bertinat, ASIN bulletin, février 2012.

 

22 Janvier 2015, la BCE sauve les marchés…pour 18 mois !

Prise le 22 janvier 2015, la décision par la BCE d’acquérir sur 18 mois 1100 milliards € d’actifs financiers, surtout des bons du Trésor a eu pour objet officiel de financer une relance économique dans l’Eurozone.

En fait, elle a sauvé les marchés financiers de la menace grave et imminente d’un krach obligataire (c’est quand les taux montent et que les actifs baissent).

En effet, depuis septembre 2014, les inquiétudes se multipliaient sur les pays émergents, sur les obligations pourries (pardon, à haut rendement) et même sur les obligations des entreprises.

Un sérieux début de fuite des capitaux du risque vers la qualité avait, le 29 janvier 2015 réduit à 0,35% les taux des obligations d’Etat allemand à 10 ans, et, mais oui, mais oui, à 0,58% les taux des obligations d’Etat français à 10 ans.

Une différence de 0,18% entre la vertu souabe et la grosse cigale française…

Dans cette ambiance, les bonnes nouvelles, telle la baisse du prix du pétrole, ou encore la brillante croissance économique américaine des 3ème et 4ème trimestres 2014 se transformaient presque en mauvaises nouvelles. Les taux de la Federal Reserve allaient-ils remonter devant les perspectives d’une relance économique américaine ? C’était là une menace pour les marchés obligataires.

Incroyable mais vrai, on craint la croissance car elle pourrait faire monter les taux de la FED donc les taux des obligations. Or, quand les taux montent, les cours des actifs baissent.

Il ne restait plus aux investisseurs et autres fonds de placement plus ou moins spéculatifs qu’un seul espoir auquel s’accrocher : la BCE allait acheter massivement des obligations d’Etat, elle le ferait, car elle le devait… C’était le dernier espoir des marchés !

 

Elle l’a fait, et a décidé d’acquérir sur 18 mois pour 1100 milliards € d’actifs financiers, dont 900 milliards € de bons du Trésor nationaux. Elle prend ainsi le relais de l’ancien « Quantitative Easing 3 » de la Federal Reserve, clos depuis octobre 2014.

 

Si elle n’avait pas pris le relais, les marchés financiers n’auraient plus eu de soutien.

Ainsi, les hausses vont reprendre, avec une inflation des actifs où la monnaie créée par les Banques centrales chasse des actifs financiers en trop petit nombre. Comme la plupart des investisseurs se financent par emprunt, c’est-à-dire par effet de levier, cela signifie que la bulle spéculative va pouvoir continuer à gonfler.

Depuis que la Federal Reserve a décidé de noyer les marchés sous les liquidités des « Quantitative Easing », les marchés vibrent aux décisions des Banques centrales. Enfin, la BCE a pris le relais de la « Fed ».

La décision de la BCE a immédiatement créé l’euphorie. Pourtant, dès le 28 janvier 2015, certains marchés commencent à diverger : alors que le Financial Times du 27 janvier 2015 enregistre toujours la hausse des marchés menée par la charge des taureaux triomphants (à la bourse de New York, le taureau signifie la hausse), le Wall Street Journal du lendemain annonce déjà pour la journée une baisse de 291 points de l’indice Dow Jones, soit moins 1,65%.

La hausse du dollar érode déjà sévèrement les bénéfices des sociétés industrielles américaines.

La BCE a fait son devoir, et Wall Street baisse après 5 jours… Il n’y a plus rien de sacré ! Ce ne sont, il est vrai, que les baisses habituelles du mois de janvier.

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