Archives de Tags: Jean-Gérard Lapacherie

Du Goncourt et du Renaudot 2017

La réflexion qui suit ne porte pas sur le récit qui a obtenu le prix Goncourt cette année, ni sur le roman couronné du Renaudot, que l’auteur de ces lignes n’a pas lus, ni n’a l’intention de le faire, n’ayant aucune inclination pour les navets, fussent-ils cultivés avec amour par des maraîchers de métier. Elle ne porte pas non plus sur les jurés qui ont accordé à ce récit et à ce roman un prix qui vaudra à leur auteur bonne renommée et ceinture dorée, ni sur une des maisons de commerce distinguées qui appartient à Mme le ministre de la Culture, celle-là même qui chapeaute, de loin certes, les prix.

Les combats pour la langue de Kamel Daoud

L’écrivain algérien de langue française, Kamel Daoud, veut se réapproprier les mots et les significations que ceux qu’il appelle islamistes et qui sont d’abord des musulmans ont confisqués à leur seul usage, et cela dans le seul but d’asseoir leur pouvoir sur les esprits. Maîtres des mots, ils sont maîtres du monde ou, pour dire les choses avec plus d’exactitude, en se faisant obéir des hommes, ils soumettent la langue à leur pouvoir – totalitaire, cela va mieux en le disant.

Enfin, un film subversif

En 1967, le Redoutable a été le premier sous-marin nucléaire de la flotte française. C’est aussi le nom qu’Hazanavicius donne à Jean-Luc Godard, le personnage principal du film Le Redoutable. On peut se demander en quoi Jean-Luc Godard mérite d’être appelé ainsi. À cause des jeux de mots indignes de l’Almanach Vermot dont ses propos sont émaillés ? Il est prêt à nommer sa fille, s’il en a une, Josette, car il veut être père de Josette — paire de chaussettes ! ; ou encore, il demande en mariage une très jeune femme en lui posant la devinette : M. et Mme Nous ont une fille. Comment l’appellent-ils ? – ! – Marion, Marion Nous. Marions-nous ? À cause des insultes (vieux con, con, merde, bourgeois de merde) dont il agonit ses interlocuteurs avant d’en venir aux mains avec eux ? À moins que le qualificatif de redoutable ne s’applique — assez justement d’ailleurs — au film lui-même, qui est, même si telle n’est pas l’intention affichée du réalisateur, un brûlot loufoque dirigé contre le gauchisme culturel et le cinéma prétendument révolutionnaire dont Godard a été le gourou.

Feu le rayonnement de la langue française

Pendant des siècles, du XVIIe siècle et jusque dans la seconde moitié du siècle dernier, la langue française a été librement apprise par des millions d’étrangers vivants sur tous les continents. Pour eux, c’était la langue de la culture ou la langue par laquelle ils ont accédé à la haute culture. Les raisons de cet engouement de jadis tiennent à trois faisceaux de faits : la qualité des maîtres qui, en France ou dans les nombreuses écoles à l’étranger, ont fait l’excellence de l’enseignement français ; la fascination que d’innombrables étrangers ont éprouvée pour la littérature, la pensée et la culture française ; la position éminente que la France a occupée pendant au moins trois siècles dans les relations entre les puissances du monde. Ces réalités faisaient la force ou le rayonnement (comme on dit souvent, par métaphore, dans les milieux autorisés) de la langue française. Peu à peu, ces réalités s’étiolent. Désormais, elles laissent la place au lent effacement de la langue française dans le monde.

Images éloquentes

Une image, dit-on parfois dans la presse, vaut mieux que de longs articles. Aussi quelques images ont-elles été abondamment commentées depuis un mois et demi, qui toutes ont pour sujet le président récemment élu : une longue poignée de main, les ors de Versailles et

Le Grand Escamotage

Escamoter, c’est « faire disparaître quelque chose par un tour de main sans qu’on s’en aperçoive » (Académie, 1762). Un auteur de dictionnaire (Féraud, 1787) ajoute à cette définition : « comme font les joueurs de gobelets ». Dans un siècle ou deux, les gobelets