La chronique anachronique d’Hubert de Champris : L’Europe des « …parce que ! »

mai 15, 2014 dans Nos textes, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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Naguère, seuls les professeurs et les parents à l’esprit peu dialectique et guère enclins à la pédagogie s’autorisaient à conclure leurs péroraisons par ces formules toutes faites : c’est ainsi ; ça ne se discute pas ! et autres parce que ! Mais, en matière idéologique, répétition est raison et, pareils à des autistes du dernier stade, nos européistes s’enferment dans des discours proprement diallèletiques (1). Intelligents, mais froids comme le colin froid vilipendé par feu Edern Hallier, ils paraissent vivre heureux dans leur forteresse vide. Au Parlement européen – lequel au reste usurpe son nom puisqu’il ne répond pas aux critères juridiques définissant un parlement –, on fustige les mauvais élèves…que dis-je ? non : les bons élèves, ceux qui cultivent la culture pour la culture, les spirituels dans l’âme qui clament et déclament, dissèquent et, modestement, proclament… Mais, ceux-là, on ne les aime pas, on les montre du doigt comme on jalouse le premier de la classe. « Ceux qui sont là pour les joutes verbales sont vite repérés et perdent toute crédibilité » s’enorgueillit un député français audit parlement qui se louait il y a peu des vertus pornografères de l’Europe de Bruxelles (2). Et c’est ainsi que l’esprit virginien de Coralie (pas Chloé !) Delaume, d’une plume d’autant plus humble et attendrissante qu’elle ne se montre guère attendrie envers son objet, apporte de l’eau limpide, évidente dans la netteté, l’implacabilité et la logique de ses arguments, au moulin de notre désaffection vis-à-vis de l’Europe de Bruxelles. Il nous faudrait tout un volume pour recenser les tares de l’actuelle déconstruction européenne et s’approcher au plus juste de la notion ou du concept subsumant l’état d’esprit qui en est à la source…peut-être sont-ce là les stigmates de la sénescence de la Modernité tardive, lorsque, précisément, naufrageante et bornée, elle s’accroche et s’attarde sur sa fin.

On avait repéré et signalé il y a une douzaine d’années le jeune géopolitologue à présent en tête d’une fameuse liste promise à un certain succès (ou succès certain). Mais, la bonne politique se confond avec la morale. Accomplissez en conséquence une bonne action : notre sus-évoqué est donc sûr de passer. Dominique Jamet, lui, en Île-de-France, est tangent. Aussi En avant, la gueuse ! L’expérience révèle que les filles faciles sont, au même âge, plus intelligentes que la moyenne : elles ont aussi l’esprit délié et, in fine, sont d’une parfaite honnêteté. Toutefois, l’ancien chabaniste puis chevènementiste (on passe par pertes et profits la période mitterrandiste), mais par essence souverainiste de toujours, non retenu n’aurait rien à regretter. Nous l’avons compris : ce pseudo parlement n’offre aucune tribune. Les gens d’esprit se s’y épanouissent, les petits esprits – les plus nombreux – les y méprisent. Alors, les premiers en viennent à regretter tout ce temps perdu, perdu à ne pas plus faire l’article sur les ondes, dans les livres et, qui sait, sur d’autres tréteaux.

Il y a deux ans, nous émettions l’hypothèse que le miracle requis pour la béatification de Robert Schuman puisse consister dans le sauvetage de la monnaie unique (en son genre, naturellement). Connaît-elle la guérison ? N’assistons-nous qu’à une simple rémission (et pas même de ses péchés, moins encore de son péché originel) ? Voilà bien des spéculations superfétatoires. La clinique informée en pince pour le pronostic vital engagé. Dans le cas contraire…ça serait bien le diable. Coralie Delaume ne nous démentira pas.

 Hubert de Champris

(1)   dérivé de diallèle, synonyme de cercle vicieux.

(2)   La Croix, 7 mai 2014, p. 8.

  • Coralie Delaume, Europe, les Etats désunis, Michalon, 220 p. 17 €.
  • Vous compléterez votre lecture par le non moins implacable Jacques Cotta, L’Imposteur, Balland, 288 p., 18,90 € qui montre une CFDT, syndicat ouvertement complice du projet social de déconstruction libérale irriguant les chartes normatives européennes, acharnée à l’éradication du droit du travail dérivant des principes du Conseil national de la Résistance (CNR). Lire aussi Bertrand Renouvin et Sylvie Fernoy, Le krach de l’Euro, Le Rocher et Johann-Ewald Kraemer, L’Euro, éditions des Syrtes.