La chronique anachronique d’Hubert de Champris

mars 19, 2017 dans Nos textes, Vidéos, textes et ouvrages par admin

Les Amériques t.1

Les Amériques t.2

Les Amériques, tome I, Du précolombien à 1830 – tome II, De 1830 à nos jours, sous la direction de Michel Bertrand, Jean-Michel Blanquer, Antoine Coppolani et Isabelle Vagnoux, Bouquins/Robert Laffont, 66 €.

Jean-Michel Blanquer, La Colombie, PUF, coll. Que sais-je ?, 128 p., 9 €.

L’espagnol, cette langue dont chaque syllabe, s’énonce, s’élance comme un cri de jouissance. Langue impudique s’il en est ; langue vulgaire, si tant est que toute langue vernaculaire ne le soit nécessairement. L’espagnol dans toutes ses déclinaisons latino-américaines, non certes le pur castillan. Langue chaude ainsi, impudique si ce n’est obscène ; langue de la lumière qui éclaire les Amériques centrale et du Sud dont cette Colombie en voie de pacification dernière avec ces négociations que son gouvernement entreprend en Equateur avec le mouvement castriste ELN après avoir conclu un accord de paix que la diplomatie ne peut pas qualifier de reddition avec la guérilla des FARC. Amoureux du continent ibérique, président de l’Institut des Amériques, ayant lui-même résidé en Colombie, Jean-Michel Blanquer, avec son optimisme et sa confiance coutumière nous la décrit prometteuse à tous les points de vue, prête semble-t-il à appliquer et à dérouler dans les domaines politique, culturel, économique toutes les virtualités de son triptyque des trois : internationalisation, innovation, implication. Le voyageur dans l’âme ne se contentera donc pas d’emmener avec lui son Guide Bleu, son Routard ou son Petit Futé. Il calera dans sa poche cette Colombie blanquerienne qui trouve son prolongement dans cette encyclopédie du continent latino-américain que constituent ces deux Bouquins au papier suavement biblique. Il nous paraît que l’idéal constitutionnel que s’en fait le publiciste Blanquer est exprimé à travers les idées de l’argentin Alberdi, au balancement à la Edgar Morin, narrées à l’article « Intellectuels » : ‘‘Alberdi [choisit] les libertés modernes contre celles des Anciens, tenant en méfiance la Révolution française, Rousseau et Robespierre, pour défendre l’individu à la manière de Benjamin Constant, parce que porteur de progrès social. S’agissant de l’organisation de l’Etat, son pragmatisme (…) lui commanderait de se tenir éloigné des extrêmes – le fédéralisme au risque du caudillisme, et l’unitarisme centralisateur, tout autant cause de fragmentation – pour favoriser une approche mixte du fédéralisme. »

Cette tradition moderne, qui n’est qu’en apparence un oxymore, renverra à l’idéal politique du journaliste et patron de presse Claude Imbert qui aimait le voir subsumé sous l’expression d’ atlantisme méditerranéen.

Hubert de Champris