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Pierre Yves Rougeyron : Curée de campagne 8

mai 21, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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La chronique anachronique d’Hubert de Champris

mai 14, 2017 dans Nos textes, Vidéos, textes et ouvrages par admin

Les-troubles-du-sommeil

Damien Léger, Les troubles du sommeil, PUF/Que sais-je ?, 128 p., 9 €.

Entre le chipotage, la chicane et la critique constructive, il n’y a souvent que l’espace d’une foi, bonne ou mauvaise. On traite ici des troubles du sommeil, non stricto sensu des causes de l’insomnie et de ses remèdes. On nous dit en quatrième de couverture qu’il s’agit d’un vade-mecum c’est-à-dire d’un aide-mémoire, d’une sorte de guide pratique alors qu’il ne s’agit pas là à coup sûr de la lettre ni de l’esprit de la collection Que sais-je ? et qu’il pourrait être recommandé en bien de ses espèces de se faire non pas plus universitaire mais plus académique. Ce qui inciterait à tort selon d’aucuns à se faire plus rébarbatif, mais plutôt selon nous, à introduire dans le traitement de la question une problématique propre à l’auteur.

Une question politique :

Le professeur Damien Léger, qui dirige le Centre du Sommeil de l’Hôtel-Dieu de Paris, s’était vu commandé un rapport de la bien connue officine Terra nova sur ce sujet. La commande d’un tel rapport par une société de pensée promouvant le progrès dans son sens le plus idéologique et le plus nocif (libéralisme sur le plan tant ‘‘sociétal’’ qu’économique) a quelque chose de contradictoire, pour le moins de paradoxal que nous pourrions résumer de cette formule : les Lumières s’opposent au sommeil, et pas seulement au sommeil de la raison, ajouterait un Kant. La civilisation de la primarité (caractérologique), de l’américanisation des mœurs, du présentisme (pour ne pas dire : de l’instantanéisme), du bisounourisme et du bisounotourisme, des selfies qui s’accommode d’une inhumanité profonde de chacune de ses composantes si on les examine en leurs cœurs, bien évidemment hostile au respect de la tradition, ne peut qu’être réfractaire à la première d’entre elle, la plus naturelle, la plus immémoriale : le respect du cycle diurne/nocturne. Il faut aimer et rechercher la nuit noire d’une nuit sans lune, d’un même élan, aimer et pratiquer l’activité physique au soleil et au grand air. C’est la première condition d’un bon sommeil. Gageons que, du rapport remis par Damien Léger à Terra nova, cette dernière ne fera rien. Et il ne peut en être autrement : le sommeil est traditionnel, et éminemment conservateur de la mémoire, de notre mémoire.

Une question neurologique :

C’est-à-dire qui dépend en premier lieu (organique) du système nerveux central. C’est ainsi que le professeur Léger aurait pu prendre comme axe de son exposé : l’insomnie comme maladie du sur-éveil.

Il y a trente ans, la cyamémazine (Tercian), était classé comme un hypnotique. Curieusement, vous ne trouvez aujourd’hui plus trace de cette indication, pas même au titre d’un effet secondaire occasionnel. Or, la cyamémazine est efficace contre l’anxiété, elle lève ces peurs archaïques qui vous empêcheraient de sombrer dans l’ombre noire du somment lent profond. Cette molécule de synthèse n’est donc pas un hypnotique direct, mais il s’attaque à ce qui, en première ou dernière instance, vous empêche de vous endormir profondément. Les causes de cet éveil inopportun et douloureux ne sont donc pas nécessairement à rechercher dans les conditions préalables à l’endormissement de l’impétrant (au sommeil), tels une température du corps trop élevé ou une activité intellectuelle intense mais peuvent être peu ou prou peu conscientes voire inconscientes. On remarquera que notre auteur cite à peine la mélatonine, laquelle, en effet, ne traite pas cet aspect de l’endormissement mais est utile même en dehors du traitement du décalage horaire.

L’action des neurotransmetteurs, au premier chef, la sérotonine, la dopamine et la GABA, et leurs précurseurs n’est pas évoqué. Est-ce à dire qu’ils ne joueraient aucun rôle dans l’advenue d’un bon sommeil ? Il aurait fallu nous dire alors pourquoi, ou, pour le moins, justifier de la minoration de leurs fonctions. Quid du taux de ferritine ? Un déficit serait-il en soi partiellement responsable d’une difficulté d’endormissement, ou serait-ce indirectement, par défaut de contribution à l’élaboration des monoamines ?

Mais il sera beaucoup pardonné au professeur Léger et à ses collaborateurs Duforez et de La Giclais parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, d’une part- ce qui est une condition nécessaire à une pratique efficace et sérieuse en neuropsychologie ; parce qu’ils sont sportifs d’autre part, et que l’activité physique (‘‘sport en chambre’’ et en plein air) est l’une des meilleures préventions de l’insomnie.

Pour bien dormir, il ne faut donc pas rechercher le sommeil mais avoir comme par nature préparé les conditions endogènes et exogènes de sa survenance. Par exemple, lire tout au mieux en journée et non pas le soir cet article,  imprimer, imprimer…lire et relire sur du papier, et non pas sur votre écran à la nocive lumière bleutée, lire et feuilleter comme le plus sain des hypnotiques ce Que sais-je ? dont la première des vertus consistera à ce que pour vous, hypothétique mauvais dormeur, ce sommeil bien aimé ne soit plus une obsession.

Hubert de Champris

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Pierre Yves Rougeyron : Curée de campagne 7

mai 7, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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La chronique anachronique d’Hubert de Champris

avril 30, 2017 dans Nos textes, Vidéos, textes et ouvrages par admin

Michele Juin

Michèle Juin, Le christianisme : une pensée puissante d’après Claude Tresmontant, L’Harmattan, 192 p., 19,50 €.

Yves Tourenne

Yves Tourenne, Les conditions fondamentales de la prière, préface de Mgr Marc Aillet, Artège/Lethielleux, 244 p., 18,50 € ;

Thomas d’Aquin relatait une apparition du Christ lui disant : «Tu as bien écrit de moi. » Ce qui était une matière de lui accorder l’imprimatur, de garantir l’orthodoxie de son herméneutique, de donner à sa Somme le statut d’une pensée officielle de l’Eglise alors que tant d’autres ne sauraient se voir accorder tout au plus que celui de philosophie religieuse officieuse, spécieuse voire vicieuse.

A l’épreuve (et d’abord celles vécues par Tresmontant lui-même), il semble bien que l’on puisse accorder à la pensée de Claude Tresmontant un crédit comparable à celui dont doivent bénéficier un Cardinal Journet, un Louis Bouyer voire un Jean Guitton, et, plus près de nous, un Pierre Magnard, fusse pour nuancer l’intensité de l’imprégnation hébraïque dans le corpus catholique éternel, et ce, en comparaison et opposition aux considérations grises et très peu grisantes de certains hauts ou bas prélats – certains représentant leur ordre dans une éminente compagnie – dont la tiédeur chrétienne toute éloignée de la pensée de l’Eglise est proportionnelle à leur vindicte de classes. Ceux-là, s’ils daignaient lire un métaphysicien hébraïsant de la veine de Tresmontant, en prendraient de la graine, celle qui laisse éclore la droite pensée de l’Eglise de Rome, celle, nous démontre notre théologien, qui est non seulement fidèle et conforme à ce que le rabbi Jésus a voulu nous dire[1], mais qui en est la forme visible et terrestre.

Qualifier de réalisme intégral la vision globale de Tresmontant est ainsi philosophiquement exact puisque, relativement à la Querelle des Universaux, éternellement actuelle, l’auteur doit clairement être situé parmi les réalistes.

De ce point de départ métaphysique découlent les constats suivants et, en premier lieu, celui-ci : si de métaphysique s’agit-il, il convient en parallèle de s’intéresser et de tenir compte de ce que nous enseignent les sciences de la nature, les sciences physiques. Non seulement ne contredisent-elles pas le dépôt de la foi mais, au contraire, tendent-elles de plus en plus au cours de leurs développements contemporains, à le consolider.

Cette foi n’est pas celle du fidéisme, d’un confiance aveugle indépendante de la raison : elle peut être expérimenter.

Ce réalisme intégral signifie aussi qu’il soit considéré une fois pour toute que le christianisme orthodoxe incarné par ce que Tresmontant appelle la pensée de l’Eglise de Rome, elle-même fille et filiale de ce qu’il nomme aussi la pensée hébraïque biblique[2], sous-entend nécessairement qu’il soit distingué une univers créé dépendant de l’Incréé radical, à savoir le Dieu des monothéismes hébreu et chrétien, lequel, en cette dernière acception est uni selon des modalités précises de la Trinité au rabbi Jésus.

Ce réalisme intégral est aussi en un sens un idéalisme : rien de ce qui est qui n’ait été au préalable dans l’entendement de Dieu. L’univers visible et invisible est donc dépendant de Dieu.

L’enseignement du rabbi Jésus n’est pas une gnose qu’il s’agirait de décoder en faveur de quelques initiés. Elle est une information du genre humain et, même, de tous les autres genres (minéral, végétal, animal etc) qui semble devoir continuer jusqu’à la fin des temps. (Au reste, la science, en ces incessantes découvertes, le vérifie quasi au quotidien). Cette notion d’information concilie non pas le néo-darwinisme (qui est une idéologie) mais l’évolution (d’une création continuée) avec une vision simplifiée de la Création telle que l’offre le Livre de la Genèse.

La vérification de cet idéalisme divin s’inscrit donc en faux contre grosso modo le leitmotiv de la philosophie moderne et contemporaine telle qu’elle s’exprime à travers les conceptions relatives à la connaissance et à la morale de ses pontes : les Allemands Kant, Hegel et Heidegger. Consciemment adoptée par ses présumées élites, inconsciemment par les autres gens, il n’est pas exagéré d’écrire, nous dit en substance Tresmontant, que le monde actuel baigne dans l’hérésie en ce sens qu’il n’a pas compris (ou pas accepté) que l’information que déroule et développe le christianisme n’est que la christologie en acte, soit l’accomplissement à l’échelle de l’univers de l’union sans confusion des deux natures, humaine et divine, du Christ. L’homme est une créature qui a reçu l’ordre de devenir Dieu aime à dire l’Eglise orthodoxe, ce que Bergson, tresmontantien sans le savoir, soutenait également lorsqu’il écrivait que l’univers est « une machine à faire des dieux. »

Ecrit à vive allure, à la ponctuation erratique, d’un style parent de celui de son maître, l’ouvrage de Michèle Juin est pétri d’enthousiasme,- ce qui nous paraît étymologiquement indispensable pour le sujet, traité de non moindre manière, mais plus calmement, par cet autre dévot qu’est le Père Tourenne. ‘‘Dévot’’ n’est pas ici employé ironiquement puisque, dans son essai, Yves Tourenne nous montre que les résultats des analyses de Tresmontant correspondent précisément aux conditions de la réalisation d’une prière, vrai si ce n’est efficiente. Bien des prières jamais ne pourraient véritablement se dire telles si n’étaient pas réalisées des conditions, des présupposés d’ordre métaphysiques permettant qu’elles puissent en premier lieu être entendues, et, en second, être exaucées.

Le travail de Claude Tresmontant est de la veine de ces chercheurs, John Henry Newman, Bergson, Teilhard de Chardin etc : si l’on se remémore la pensée de Nietzsche qui disait ne croire qu’aux philosophes dont la pensée s’est écrite avec leur sang, nous pouvons dire que celui-là aussi  charrie  un sang du même sous-groupe humain.

Hubert de Champris

[1] Se reporter à toute l’œuvre de Pierre Perrier publiée par les éditions de Jubilé, en particulier, La transmission des Evangiles (coll. Guides Totus).

[2] http://cerclearistote.com/la-chronique-anachronique-dhubert-de-champris-nouveaux-genies-du-christianisme/

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Vidéo de la conférence de Vincent Coussedière : « Requiem pour l’élection présidentielle »

avril 29, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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Pierre Yves Rougeyron : Curée de campagne 6

avril 26, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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« Grands enjeux de l’élection présidentielle en France : la gouvernance contre le peuple », par Diana Johnstone

avril 21, 2017 dans Nos textes, Vidéos, textes et ouvrages par admin

L’élection présidentielle française 2017 n’est pas une plaisanterie. Il s’y dessine un conflit lourd de  conséquences entre deux conceptions radicalement opposées de la vie politique. D’une part, la « gouvernance », qui signifie l’administration de la société par une élite cooptée, sur le modèle des sociétés commerciales. D’autre part, le système traditionnel appelé « démocratie, » qui signifie que le peuple choisit ses dirigeants par des élections libres et loyales.

Historiquement, en France, les événements politiques ont tendance à caractériser des époques et à clarifier des dichotomies ; en l’occurrence, il s’agit de la distinction évanescente entre la gauche et la droite. Cette élection pourrait bien être un événement de cette sorte.

 Qu’est-ce que la gouvernance ?

Il est de plus en plus clair que le pouvoir des élites transatlantiques a décidé depuis longtemps que la démocratie représentative traditionnelle n’est plus adaptée à un monde globalisé fondé sur la libre circulation du capital. En revanche, son modèle favori est « la gouvernance », terme emprunté au  monde des affaires, et qui se rapporte à la bonne gestions de  de grandes entreprises accordées dans la poursuite d’un objectif unique et visant à une efficacité maximale. Cette origine est évidente en bien des aspects de la gouvernance politique : unanimité obligatoire sur les « valeurs », renforcée par des médias organisés ; mise en œuvre de comités spécialisés pour fournir des suggestions sur des sujets délicats et rôle joué par la « société civile » ; recours à la psychologie et à la communication pour façonner l’opinion publique ; mise à l’écart des trublions et cooptation des leaders.

Ces traits caractérisent toujours davantage la vie politique de l’Ouest. Aux États-Unis, la transition de la démocratie à la gouvernance a été ménagée par le système bipartite, qui limite le choix des électeurs à deux candidats, sélectionnés et approuvés par les principaux actionnaires du business national, selon leur engagement à suivre le programme de la gouvernance. Tout cela fonctionnait gentiment, jusqu’à ce qu’Hillary Clinton, l’insurpassable favorite de !’élite tout entière, fut battue d’une choquante façon par un intrus non adoubé, Donald Trump. Si la réaction sans précédent de l’élite de la gouvernance montre combien elle est peu disposée à céder le pouvoir à un profane, la situation en France est encore plus claire. Trump représente à bien des égards un coup du sort, un loup solitaire, sans base populaire clairement définie et qui n’a, en l’état actuel, pas réussi à arracher le pouvoir à « l’État profond », demeuré loyal aux options de la  gouvernance occidentale. La situation aux États-Unis demeure donc incertaine, mais le renversement s’affirme, bien que difficile à définir : ressentiment populaire contre les gouvernants globalisants, spécialement en raison des inégalités économiques et du déclin du niveau de vie pour la majorité de la population.

Hillary Clinton a réellement choisi de faire usage du mot « gouvernance » pour décrire ses objectifs, en partenariat avec Goldman Sachs et d’autres représentants de la « société civile ». Toutefois, elle n’était pas un aussi pur produit du système globalisant que ne l’est le candidat français Emmanuel Macron.

La gouvernance personnifiée

La première façon d’éclairer le rôle assigné à Macron est tout simplement de jeter un œil sur les médias : les couvertures stéréotypées à l’infini des magazines, les boniments débités, les interviews sur des platitudes – et jamais un mot de critique (tandis que ses principaux rivaux sont systématiquement dénigrés) . En janvier, Foreign Policy, présentait Macron à ses lecteurs comme « l’anglophone germanophile, que l’Europe politique attend ».

Sa carrière professionnelle explique pourquoi les médias du courant dominant en Europe saluent Macron comme le messie.

Né à Amiens il n’y a que 39 ans, Emmanuel Macron a passé la plus grande partie de sa vie à l’école. Comme la plupart des dirigeants français il a été formé dans plusieurs des meilleures écoles de l’élite française,  mais non dans la meilleure (pour les connaisseurs : il a échoué à Normale Supérieure ; mais il a « fait » Sciences-po et l’ENA). Les médias US paraissent impressionnés de ce qu’en cours de route, il ait étudié la philosophie ; mais ce n’est pas une affaire en France.

En 2004 il a réussi au concours de l’Inspection Générale des Finances, l’un des corps qui ont fait la réputation du système français depuis Napoléon. Les Inspecteurs des finances ont la garantie de l’emploi à vie et sont choisis comme conseillers économiques des administrations ou du secteur privé. À l’Inspection Générale des Finances, il fut distingué par Jean-Pierre Jouyet, haut fonctionnaire dans la cinquantaine, aux relations très influentes, qui le recommanda à Jacques Attali, le plus spectaculaire gourou intellectuel des 35 dernières années qui ait régalé les gouvernements français successifs de ses visions futuristes (Jérusalem  capitale d’un futur gouvernement mondial, par exemple). En 2007 Attali coopte Macron dans sa super- élitiste « Commission pour la Libération de la Croissance », accréditée pour cornaquer la Présidence. Une étoile était née – une étoile du monde des affaires.

La commission Attali prépara une liste de 316 propositions explicitement dévolues à « instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance ». Dans ce contexte, « croissance » signifie,  naturellement, croissance des profits, par la réduction du coût du travail, la levée des barrières à la circulation du capital, la dérégulation. Les quarante membres de l’élite planifiant l’avenir de la France incluaient les présidents de la Deutsche Bank et de la firme suisse Nestlé. Ce qui fournissait au jeune Macron un très précieux carnet d’adresses.

En 2008, sur recommandation d’Attali, Macron fut engagé par la banque Rothschild à de hautes fonctions.  Les commissions consécutives à l’achat de Nestlé pour neuf milliards de dollars firent de Macron un millionnaire.

À quoi devait-il cette ascension qui, il y a deux siècles, aurait fait le sujet d’un roman de Balzac ? Il était « impressionnant » rappelle Attali. Il cheminait avec tout le monde et « ne contrariait personne ».

Alain Minc, une autre star experte en tout, le définit un jour comme ceci : Macron est chic, mais par-dessus tout il fait un bon banquier parce qu’il est « charmant » – une qualité nécessaire pour faire « un métier de putes ».

Macron est fameux pour ses maximes pleines de sagesse, comme  :

« Ce dont la France a besoin c’est de davantage de jeunes qui veulent devenir milliardaires ». Ou bien : « Qu’avons-nous à faire de programmes ? Ce qui compte c’est la vision. »

Ainsi Macron a-t-il lancé sa carrière sur la base de son charme et de sa « vision ». S’il a une vision claire, c’est certainement celle du chemin vers les sommets.

Formation de l’élite de la gouvernance

Ce chemin est pavé de contacts. Les membres de l’élite de la gouvernance opèrent par cooptation. Ils se reconnaissent les uns des autres, ils « se flairent entre eux », ils ont la même mentalité.

En ce moment, l’active police de la pensée est certes prompte à condamner les propos dénonçant la « gouvernance » comme des manifestations de la théorie du complot. Mais il n’y a pas de complot, parce que l’on n’en n’a pas besoin. Des gens qui pensent de la même façon agissent de concert, personne n’a à leur dire ce qu’ils ont à faire.

Ceux qui dénoncent toute allusion au « complot » paraissent croire que des gens qui possèdent un immense pouvoir, spécialement financier, ne se soucient pas d’en user. Ils préfèrent rester en retrait et disent « Au  peuple de décider » ; comme, par exemple, George Soros.

En réalité, ceux qui détiennent le pouvoir, non seulement l’utilisent mais sont convaincus qu’ils doivent l’utiliser, pour le bien de l’humanité et du monde entier. Ils savent les choses mieux que quiconque, pourquoi donc devraient-ils laisser les décisions capitales aux masses ignorantes ? C’est pourquoi David Rockefeller a fondé la commission trilatérale il y a 40 ans, pour étudier comment résoudre la difficulté d’un « excès de démocratie »

De nos jours, des idéologues amusent les masses par des considérations sur eux-mêmes ; leurs groupes d’appartenance identitaire, le genre auquel ils pourraient appartenir, qui trahit qui, et qui est-ce qu’il faut « haïr » pour crime de « haine ».

Et pendant ce temps-là, l’élite se rencontre, se concerte et décide du meilleur. .

Grâce à Jouyet, Macron fut coopté en 2007 dans un club appelé les Gracques (allusion à deux héros de l’histoire romaine) qui se consacre à étudier les « valeurs » découlant du rejet de l’État keynésien, impropre à la globalisation et au développement de l’Union européenne.

En 2011, il fut coopté dans le club de la Rotonde,  qui entreprit de conseiller au président Hollande d’administrer à la France un « choc de compétitivité »… favorisant l’investissement par l’allègement de la dépense publique et des coûts du travail.

En 2012, il fut accueilli au sein de la Fondation Franco-américaine, réputée pour sélectionner les « jeunes leaders » du futur.

En 2014, Macron a décroché le gros lot. Le 31 mai et le 1er juin de la même année, il fut associé à la réunion annuelle du Bilderberg à Copenhague. Ce rassemblement ultra-secret des architectes de la « gouvernance » a été fondé en 1954 par le prince Bernhard des Pays-Bas. Aucun journaliste n’est autorisé à assister aux réunions du Bilderberg, mais les barons de la presse y vont, pour s’entendre sur le consensus qui doit être répandu dans les masses.

Et les programmes Politiques ? Que sont-ils ?

Avec toutes ses accréditations, Macron s’imposa comme conseiller économique de François Hollande en qualité de ministre de l’Economie, des finances et de l’économie numérique, sous le premier ministre Manuel Valls, où il promut vigoureusement la maison Attali, sur  le prétexte de dynamiser « la croissance ». Entre autres choses, il inversa la politique de son prédécesseur en approuvant la vente à la General Electric d’un joyau de la couronne de l’industrie française, la branche énergie d’Alstom, dont dépend l’industrie nucléaire en France,

Ministre, Macron fut responsable des mesures les plus impopulaires de toute l’impopulaire présidence de Hollande. La loi dite « loi Macron » promouvant une dérégulation massive conforme aux directives de l’Union européenne, ne put obtenir l’approbation d’une  majorité au parlement, et dut être promulguée par  recours à l’article 49-3 de la Constitution, qui autorise le premier ministre à publier une loi sans vote.

Son exploit suivant fut plus voilé. Il élabora la « réforme » (c’est à dire le démantèlement partiel) de la loi française sur le travail, présentée au public sous le nom de la jeune ministre du Travail née au Maroc, Myriam El Khomri. Mme El Khomri n’avait pratiquement rien à voir avec « sa » loi, si ce n’est qu’elle prêtait son joli minois et son nom issu de la « diversité ethnique » à  une législation furieusement impopulaire, qui fit descendre dans la rue pendant plusieurs semaines des foules de travailleurs protestataires, éclater le parti socialiste et obligea le premier Ministre Manuel Valls à recourir une fois de plus, à l’article 49-3 pour promulguer cette loi.

Ici l’histoire devient presque comique. Les coups et le choc de Macron au sein du gouvernement Hollande/Valls, détruisant pratiquement le parti socialiste français, l’a laissé divisé et démoralisé. La voie lui est ouverte désormais pour apparaître en  champion héroïque du « futur », « ni à gauche ni à droite », de « la France des gagnants », dans son nouveau parti, « En marche » (ce qui peut signifier « toujours plus haut et vite »)

A présent, Macron s’est hissé au sommet des sondages, au coude à coude avec le coureur de tête Marine Le Pen, pour le premier tour du 23 avril  et, par conséquent, favori pour le tour décisif du 7 mai. Son charme, qui lui a valu une brillante carrière de banquier et la flagornerie des médias de masse, fait merveille  pour le porter à la présidence, par ses seuls appas  juvéniles.

Les Medias et le peuple

Comme jamais auparavant, la presse et la télévision, d’où la plupart des gens tirent leur information, sont devenues non seulement unanimes dans leurs choix et sans scrupules dans leurs procédés,  mais tyranniques pour condamner les sources d’information indépendantes, qu’elles taxent de  « trucage » et de « fausseté». On devrait les qualifier de « médias de formatage des esprits ». L’objectivité appartient désormais au passé.

Il y a onze candidats officiels au poste de président de la République. L’extravagante admiration des médias de formatage des esprits pour Macron leur fait traiter ses rivaux les plus sérieux comme des délinquants, jeter quelques os à ronger à ceux dont l’élimination est certaine et ignorer les autres. Appuyé par ces médias de formatage, Macron est le candidat d’une gouvernance autoritaire, contre tous les autres candidats et la démocratie française elle-même.

Traduit de l’anglais par Philippe Renoux et Yves Branca.

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Source : Site Counterpunch, tell the facts, name the names, 31 mars 2017.)

 Diana Johnstone née en 1934, est une universitaire et journaliste américaine. Diplômée d’études slaves, elle a obtenu son doctorat à l’Université du Minnesota. Journaliste à l’Agence France Presse dans les années 1970, elle a séjourné en France, en Allemagne et en Italie, avant de s’installer définitivement à Paris en 1990. Ouvrages traduits en français :

  • La Croisade des fous : Yougoslavie, première guerre de la mondialisation, Le Temps des Cerises, 2005
  • Avec Stephen Lendmann et d’autres auteurs, Ukraine, le coup d’état fasciste orchestré par les Etats-Unis, article ‘Ukraine, nouveau rideau de fer » – édition Delga, Paris,2014 )
  • Hillary Clinton : La reine du chaos, Delga, 2016
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Vidéo de la conférence d’Eric Delbecque et Christian Harbulot : « l’idéologie de l’impuissance française »

avril 20, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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Pierre Yves Rougeyron : Curée de campagne 5

avril 19, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin

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Vidéo de la conférence de Roland Hureaux : « D’une crise à l’autre : l’euro, la mondialisation, la France, l’Allemagne »

avril 19, 2017 dans Nos vidéos, Vidéos, textes et ouvrages par admin