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Interview de Félix Ovejero sur l’Espagne, l’Europe et le monde, par Nicolas Klein

Félix Ovejero est docteur en sciences économiques et professeur d’économie, d’éthique et de sciences sociales à l’Université de Barcelone. Il a été chercheur invité dans plusieurs universités américaines (Chicago, Madison) et a conduit des séminaires dans des centres de recherche et d’enseignement supérieur en Europe et aux États-Unis d’Amérique. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées concernant des thèmes aussi variés que la théorie sociale, la philosophie des sciences sociales et la philosophie politique.

La chronique anachronique d’Hubert de Champris

La personne de Marie-France Castarède serait à rapprocher de celles d’autres dames de la psychanalyse. Par exemple, feue l’épouse d’un des écrivains français majeurs du XXème siècle qui a nom Guy Dupré. Pensons aussi à la femme d’Alain Besançon.

Du Goncourt et du Renaudot 2017

La réflexion qui suit ne porte pas sur le récit qui a obtenu le prix Goncourt cette année, ni sur le roman couronné du Renaudot, que l’auteur de ces lignes n’a pas lus, ni n’a l’intention de le faire, n’ayant aucune inclination pour les navets, fussent-ils cultivés avec amour par des maraîchers de métier. Elle ne porte pas non plus sur les jurés qui ont accordé à ce récit et à ce roman un prix qui vaudra à leur auteur bonne renommée et ceinture dorée, ni sur une des maisons de commerce distinguées qui appartient à Mme le ministre de la Culture, celle-là même qui chapeaute, de loin certes, les prix.

Les combats pour la langue de Kamel Daoud

L’écrivain algérien de langue française, Kamel Daoud, veut se réapproprier les mots et les significations que ceux qu’il appelle islamistes et qui sont d’abord des musulmans ont confisqués à leur seul usage, et cela dans le seul but d’asseoir leur pouvoir sur les esprits. Maîtres des mots, ils sont maîtres du monde ou, pour dire les choses avec plus d’exactitude, en se faisant obéir des hommes, ils soumettent la langue à leur pouvoir – totalitaire, cela va mieux en le disant.

Comprendre la question catalane

Le 30 novembre 1934, un jeune député madrilène déclarait devant le Parlement espagnol : « […] pour beaucoup, ce problème catalan est un simple artifice et pour d’autres ce n’est qu’une affaire de cupidité ; or ces deux attitudes sont parfaitement injustes et maladroites. La Catalogne, c’est beaucoup de choses à la fois, et beaucoup plus profondes qu’un simple peuple de marchands. La Catalogne, c’est un peuple profondément sentimental ; le problème de la Catalogne ce n’est pas un problème d’importation et d’exportation ; c’est un problème — très difficile —, un problème de sentiments ». Jordi Pujol, président de la Généralité de Catalogne pendant près d’un quart de siècle, dira un jour de l’auteur de ces propos qu’il est « un de ceux qui ont le mieux compris la Catalogne, et dans des circonstances très difficiles » (Tiempo, 22 décembre 1997, nº 816). Au grand scandale des gardiens de l’historiquement correct, il se référait alors à l’avocat fondateur de la Phalange Espagnole, José Antonio Primo de Rivera.

Enfin, un film subversif

En 1967, le Redoutable a été le premier sous-marin nucléaire de la flotte française. C’est aussi le nom qu’Hazanavicius donne à Jean-Luc Godard, le personnage principal du film Le Redoutable. On peut se demander en quoi Jean-Luc Godard mérite d’être appelé ainsi. À cause des jeux de mots indignes de l’Almanach Vermot dont ses propos sont émaillés ? Il est prêt à nommer sa fille, s’il en a une, Josette, car il veut être père de Josette — paire de chaussettes ! ; ou encore, il demande en mariage une très jeune femme en lui posant la devinette : M. et Mme Nous ont une fille. Comment l’appellent-ils ? – ! – Marion, Marion Nous. Marions-nous ? À cause des insultes (vieux con, con, merde, bourgeois de merde) dont il agonit ses interlocuteurs avant d’en venir aux mains avec eux ? À moins que le qualificatif de redoutable ne s’applique — assez justement d’ailleurs — au film lui-même, qui est, même si telle n’est pas l’intention affichée du réalisateur, un brûlot loufoque dirigé contre le gauchisme culturel et le cinéma prétendument révolutionnaire dont Godard a été le gourou.

Dommages collatéraux : les sanctions des États-Unis visant la Russie frappent les alliés européens

Savent-ils ce qu’ils font ? Quand le Congrès adopte des sanctions draconiennes destinées principalement à discréditer le président Trump et à interdire tout progrès des relations avec la Russie, est-il conscient que ces mesures reviennent à une déclaration de guerre économique aux chers « amis » européens des États-Unis ?
Qu’ils le sachent ou non, ils s’en moquent évidemment. Les politiciens américains considèrent le reste du monde comme un hinterland qui peut être exploité, violé et ignoré en toute impunité.
Le projet de loi HR 33 64 « contraignant les adversaires de l’Amérique moyennant la loi sur les sanctions » a été adopté le 25 juillet par tous les membres de la Chambre des représentants, sauf trois. Une version précédente avait été adoptée par tous les sénateurs à l’exception de deux. Son adoption finale outrepassant tout veto est une certitude.
Cet accès d’humeur du congrès flagelle dans toutes les directions. Les principaux dommages en seront vraisemblablement subis par les chers amis et alliés européens, notamment l’Allemagne et la France, qui parfois se comportent comme des concurrents ; mais des considérations aussi triviales importent peu sous les voûtes sacro-saintes du Congrès américain, totalement voué à préconiser la moralité universelle.