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Comprendre la question catalane

Le 30 novembre 1934, un jeune député madrilène déclarait devant le Parlement espagnol : « […] pour beaucoup, ce problème catalan est un simple artifice et pour d’autres ce n’est qu’une affaire de cupidité ; or ces deux attitudes sont parfaitement injustes et maladroites. La Catalogne, c’est beaucoup de choses à la fois, et beaucoup plus profondes qu’un simple peuple de marchands. La Catalogne, c’est un peuple profondément sentimental ; le problème de la Catalogne ce n’est pas un problème d’importation et d’exportation ; c’est un problème — très difficile —, un problème de sentiments ». Jordi Pujol, président de la Généralité de Catalogne pendant près d’un quart de siècle, dira un jour de l’auteur de ces propos qu’il est « un de ceux qui ont le mieux compris la Catalogne, et dans des circonstances très difficiles » (Tiempo, 22 décembre 1997, nº 816). Au grand scandale des gardiens de l’historiquement correct, il se référait alors à l’avocat fondateur de la Phalange Espagnole, José Antonio Primo de Rivera.

Enfin, un film subversif

En 1967, le Redoutable a été le premier sous-marin nucléaire de la flotte française. C’est aussi le nom qu’Hazanavicius donne à Jean-Luc Godard, le personnage principal du film Le Redoutable. On peut se demander en quoi Jean-Luc Godard mérite d’être appelé ainsi. À cause des jeux de mots indignes de l’Almanach Vermot dont ses propos sont émaillés ? Il est prêt à nommer sa fille, s’il en a une, Josette, car il veut être père de Josette — paire de chaussettes ! ; ou encore, il demande en mariage une très jeune femme en lui posant la devinette : M. et Mme Nous ont une fille. Comment l’appellent-ils ? – ! – Marion, Marion Nous. Marions-nous ? À cause des insultes (vieux con, con, merde, bourgeois de merde) dont il agonit ses interlocuteurs avant d’en venir aux mains avec eux ? À moins que le qualificatif de redoutable ne s’applique — assez justement d’ailleurs — au film lui-même, qui est, même si telle n’est pas l’intention affichée du réalisateur, un brûlot loufoque dirigé contre le gauchisme culturel et le cinéma prétendument révolutionnaire dont Godard a été le gourou.

Dommages collatéraux : les sanctions des États-Unis visant la Russie frappent les alliés européens

Savent-ils ce qu’ils font ? Quand le Congrès adopte des sanctions draconiennes destinées principalement à discréditer le président Trump et à interdire tout progrès des relations avec la Russie, est-il conscient que ces mesures reviennent à une déclaration de guerre économique aux chers « amis » européens des États-Unis ?
Qu’ils le sachent ou non, ils s’en moquent évidemment. Les politiciens américains considèrent le reste du monde comme un hinterland qui peut être exploité, violé et ignoré en toute impunité.
Le projet de loi HR 33 64 « contraignant les adversaires de l’Amérique moyennant la loi sur les sanctions » a été adopté le 25 juillet par tous les membres de la Chambre des représentants, sauf trois. Une version précédente avait été adoptée par tous les sénateurs à l’exception de deux. Son adoption finale outrepassant tout veto est une certitude.
Cet accès d’humeur du congrès flagelle dans toutes les directions. Les principaux dommages en seront vraisemblablement subis par les chers amis et alliés européens, notamment l’Allemagne et la France, qui parfois se comportent comme des concurrents ; mais des considérations aussi triviales importent peu sous les voûtes sacro-saintes du Congrès américain, totalement voué à préconiser la moralité universelle.

Feu le rayonnement de la langue française

Pendant des siècles, du XVIIe siècle et jusque dans la seconde moitié du siècle dernier, la langue française a été librement apprise par des millions d’étrangers vivants sur tous les continents. Pour eux, c’était la langue de la culture ou la langue par laquelle ils ont accédé à la haute culture. Les raisons de cet engouement de jadis tiennent à trois faisceaux de faits : la qualité des maîtres qui, en France ou dans les nombreuses écoles à l’étranger, ont fait l’excellence de l’enseignement français ; la fascination que d’innombrables étrangers ont éprouvée pour la littérature, la pensée et la culture française ; la position éminente que la France a occupée pendant au moins trois siècles dans les relations entre les puissances du monde. Ces réalités faisaient la force ou le rayonnement (comme on dit souvent, par métaphore, dans les milieux autorisés) de la langue française. Peu à peu, ces réalités s’étiolent. Désormais, elles laissent la place au lent effacement de la langue française dans le monde.

La chronique anachronique d’Hubert de Champris

A une époque où il n’y a de péché que l’arbre fruitier, où la conscience de soie dans laquelle chacun se complaît semble ne dicter qu’un mol hédonisme inclinant à se lover sous sa tiédeur, la biographie du confesseur de la reine Isabelle la Catholique par cette spécialiste des monde latin et latino-américains qu’est Marie-France Schmidt apparaîtra comme une salutaire provocation.