« La propagande et l’histoire : la vraie mort de García Lorca », par Arnaud Imatz

Federico Garcia Lopze

Il y a quelques jours l’hebdomadaire Valeurs Actuelles[1] posait la question : Qui fut responsable de l’assassinat de Federico García Lorca ? La réponse est aujourd’hui bien connue.

La vérité historique sur la mort du célèbre poète espagnol dément les interprétations partisanes. Devenu une icône de la communauté gay, Federico n’était pas « un militant de gauche » contrairement à la fausse rengaine héritée de la propagande du Komintern. Protégé par des amis phalangistes, il fut assassiné, le 18 août 1936, sur ordre du Commandant Valdes, avec l’aide du député Ruiz Alonso, deux militants de la droite libérale-conservatrice (CEDA).

Federico García Lorca est sans nul doute le poète et le dramaturge le plus connu de la littérature espagnole du XXème siècle. Arrêté illégalement, le 16 août 1936, en pleine guerre civile, il est assassiné à l’âge de 38 ans sur la route qui mène de Viznar à Alfarez, près de Grenade. La décision du juge madrilène, Baltasar Garzón (le 16 octobre 2008), de procéder à l’ouverture de dix neuf fosses dont celle où, selon divers témoignages, se trouvent les restes du poète, n’a pas manqué de raviver les débats et les polémiques sur les troublantes circonstances de sa mort. Et cela d’autant plus que cette décision controversée s’est accompagnée de continuelles pressions destinées à faire fléchir la volonté expresse de la famille García Lorca qui avait clairement manifesté son refus d’exhumer les restes du poète et son désir de respecter le repos éternel des morts. Refusant d’accéder à la requête des héritiers, le juge de l’Audience Nationale a imposé de procéder d’urgence à l’exhumation, mais dans « l’intimité », et en autorisant la présence de la famille.

Quels sont les faits bien établis sur le crime de Viznar? Comment sont-ils interprétés ? Federico García Lorca est-il mort en raison de ses sympathies pour le Front populaire et de son combat contre le fascisme ? Est-il le symbole ou la victime la plus célèbre de l’intransigeance de l’Espagne traditionnelle, pire, de « l’implacable mécanisme d’extermination mis en place par l’Espagne franquiste » ? Fut-il plutôt le jouet d’une rivalité séculaire entre deux familles aisées d’Andalousie ? Fut-il, au contraire, un malheureux bouc-émissaire désigné en raison de son homosexualité déclarée ?

Selon le mythe le plus répandu, popularisé à l’envi par le cinéma, la presse, la télévision et la radio, Federico García Lorca est « un intellectuel du Front populaire assassiné par la Phalange ». Une légende qui n’a pourtant que de lointains rapports avec la réalité[2]. Le neveu du poète, secrétaire de la Fondation qui porte son nom, Manuel Fernández-Montesinos García-Lorca, a protesté pour sa part, énergiquement, « contre ceux qui cherchent à minimiser la valeur littéraire de Federico […] contre l’acharnement politique à vouloir ouvrir la fosse ou repose son corps […] contre l’utilisation de sa tombe à des fins de propagande ».

La vérité historique dément les interprétations partisanes. Non seulement les phalangistes ne sont pas les auteurs du crime, mais dans le camp national ils sont les seuls à avoir fait tout leur possible pour que le poète recouvre sa liberté. Ce crime barbare est en réalité le résultat d’une manœuvre machiavélique orchestrée par des membres de la Confédération espagnole des droites autonomes (CEDA), principal parti conservateur et libéral de la IIème République espagnole, qui cherchaient à s’attirer la sympathie des militaires et à discréditer la Phalange josé-antonienne en démontrant que certains de ses chefs protégeaient et cachaient des « rouges » dans leurs propres foyers.

Garcia Lorca peut-il pour autant être considéré comme un militant de gauche ? Rien n’est moins sûr. Tous ceux qui l’ont vraiment connu en ont témoigné : la politique n’était pas sa principale préoccupation. Lorca était avant tout un écrivain à la fois élitiste, précieux, baroque, avant-gardiste et populaire. En lui convergeaient la tradition et la modernité, la culture libérale sécularisée et la religiosité traditionnelle, le particularisme et l’universalisme. Né dans une famille aisée, sa sensibilité le portait à défendre les plus pauvres, les paysans et les gitans, au nom de la justice sociale, mais il n’avait rien d’un révolutionnaire. Il avait coutume de dire : « J’ai plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et qui n’en a pas la possibilité que pour n’importe quel affamé ».

Lorca refusait, par principe, de participer à un acte politique, quand bien même celui-ci avait une connotation culturelle. À plusieurs reprises, il manifesta de l’irritation lorsque son nom fut utilisé à des fins politiques. Interrogé sur ses préférences politiques, il répondit un jour, qu’il se sentait « catholique, communiste, anarchiste, traditionaliste et monarchiste ». Son détachement envers la politique lui permettait de conserver des relations amicales avec des écrivains aux convictions fort différentes : communistes, comme Alberti, socialistes, comme Fernando de los Rios ou phalangistes, comme Foxa, Neville ou Ximenez de Sandoval.

Gabriel Celaya, poète basque et militant communiste, en a témoigné. Il a même raconté l’anecdote (contestée) suivante[3] : fin février 1935, García Lorca et Celaya, se donnèrent rendez-vous au cabaret de Madrid Casablanca. Dès son arrivée, Celaya eut la surprise de voir Federico en compagnie de José Antonio Primo de Rivera, le fondateur de la Phalange. «  Hé ! Viens ici ! s’écria Federico. Je vais te présenter José Antonio. Tu verras, c’est un type très sympa ». Les trois hommes passèrent la soirée ensemble autour d’une bonne bouteille de whisky. Gabriel Celaya rapporte encore une seconde anecdote. L’année suivante,  le 8 mars 1936, il retrouva Federico García Lorca à l’hôtel Biarritz de Saint Sébastien. Quel ne fut pas son étonnement de retrouver Lorca cette fois en compagnie de l’architecte, José Maria Aizpurua, fondateur de la Phalange de la province basque de Guipúzcoa. Cette rencontre intervenant au lendemain des élections de février, qui avaient porté le Front populaire au pouvoir, les esprits étaient particulièrement échauffés. Celaya refusa de serrer la main d’Aizpurua. Mais une fois que le phalangiste eut quitté la salle, García Lorca reprocha vertement à Celaya d’avoir refroidi l’ambiance. Espiègle, il lui confia d’un air badin : « Aizpurua est un bon type, qui admire mes poèmes. D’ailleurs, c’est comme José Antonio. Voila un autre bon type. ¿Sais-tu que tous les vendredis nous dînons ensemble ? »

Le principal contact de Lorca avec le mouvement phalangiste, était Luis Rosales, un jeune poète de Grenade, étudiant en philosophie et en droit, collaborateur de la revue madrilène El Gallo. Rosales devait jouer un rôle clef dans les derniers jours de la vie de Lorca.

Le 12 juillet 1936, au cours d’un dîner chez le poète chilien, Pablo Neruda, Federico García Lorca manifeste l’intention de quitter Madrid pour « se mettre à l’abri de la foudre ». Le lendemain, il confie à son ami phalangiste, Edgar Neville : « Je m’en vais parce qu’ici on veut m’impliquer dans la politique, alors que je n’y entends rien et que je ne veux rien savoir. Je suis l’ami de tous et je souhaite seulement que tout le monde puisse travailler et manger ».

Le 15 juillet, le poète parvient enfin sans encombre à Grenade. Il vit désormais tranquille dans la ferme familiale, la Huerta de San Vicente, en compagnie de ses parents, de sa sœur Concha, de ses deux neveux et de la nurse Angelina. Les affres de la guerre civile vont pourtant vite le rattraper. Le 18 juillet 1936, alors que les premières informations sur le soulèvement militaire parviennent à Madrid, l’extrême gauche publie dans la presse une cruelle caricature de Federico. On le voit vêtu en premier communiant et la légende douteuse qui figure sous le dessin est une attaque sans ambiguïté : « Garcia Lorca : enfant mignon, fierté de sa maman ».  Plus grave, le poète communiste Rafael Alberti récite à la radio des vers injurieux contre les militaires soulevés qu’il attribue indûment à Lorca. Le prestigieux écrivain libéral, Ramón Pérez de Ayala, accusera Alberti d’avoir cherché sciemment à provoquer la mort de son ami. La sœur du poète, téléphonera à Alberti pour le supplier de ne plus mettre en danger la vie de son frère.

Le soulèvement éclate à Grenade le 20 juillet. Les militaires insurgés, commandés par de jeunes officiers et appuyés par plusieurs groupes de civils, militants des partis de droite et de la Phalange, s’imposent en trois jours. Dans la ville, isolée et encerclée par les forces du Front populaire, la tension est extrême. Les informations qui parviennent sur les massacres perpétrés par les miliciens de gauche à Malaga ont tôt fait de déclencher une terrible répression. Dans toute la Péninsule les massacres répondent aux massacres, la répression à la répression.

À Grenade, le commandant José Valdés Guzmán assume le pouvoir de Gouverneur civil. Il nomme ses hommes aux postes clefs et constitue une section chargée de la répression. Valdés est un militaire qui se prétend phalangiste, mais qui provient en fait de la Confédération espagnole des droites autonomes (CEDA), un parti libéral-conservateur. À la veille des élections de février 1936, il était l’un des responsables de la formation des candidats de ce parti, qui était la bête noire de la Phalange. Autour de lui, se retrouvent le chef de la Police, Julio Romero Funes, l’ancien député de la CEDA, Ramón Ruiz Alonso, un groupe hétérogène de militants de droite et enfin un autre groupe nourri de néo-phalangistes ou chemises neuves.

Dans toute l’Espagne, la Phalange – dont plus de 60% des leaders ont été assassinés ou sont détenus – est littéralement submergée par les nouvelles recrues. Le mouvement phalangiste de José Antonio ne comptait pas plus de 30 à 40 000 adhérents à la veille du conflit. Il voit subitement ses effectifs monter à 200 puis à 500 000 affiliés. Ces « chemises neuves », commandées par des cadres improvisés, nommés en l’absence de toute direction, ne savent rien du national-syndicalisme et sont généralement dépourvues de toute préoccupation sociale.

Dans la seule ville de Grenade, les quelques dizaines de « vieilles chemises » ou de phalangistes josé-antoniens sont débordés par plus de mille « chemises neuves » issues des partis de droite. À leur tête, le commandant Valdés impose le capitaine de la Garde d’assaut, sorte de Garde républicaine, Manuel Rojas Feijespan. Très tôt, le commandant Valdés entre en conflit avec le leader des « vieilles chemises », qui avait été nommé directement par José Antonio, Patricio Gonzalez de Canales, une sorte de véritable saint laïc. Celui-ci refuse obstinément que ses hommes participent aux détentions et exécutions sommaires. Soucieux de s’en débarrasser au plus vite, Valdés, en accord avec le général Queipo de Llanos, requiert un avion, qui, après avoir volé de Séville à Grenade, emporte de force le responsable phalangiste récalcitrant.

Dès le 20 juillet, Federico García Lorca a appris la nouvelle de l’arrestation de son beau-frère, Manuel Fernández Montesinos, maire socialiste de Grenade. Depuis, à la Huerta de San Vicente l’atmosphère est lourde et tendue. Le 5 août, le capitaine Rojas, à la tête d’un groupe de néo-phalangistes, perquisitionne la maison de famille des Lorca. Rojas prétend rechercher le frère de l’intendant de la ferme. Les coups et les insultes pleuvent. Federico est battu, traité de « pédé », jeté dans l’escalier. Enfin lassés, les miliciens quittent les lieux.

Le soir, Federico Garcia Lorca, inquiet pour sa vie, appelle son ami Luis Rosales au téléphone et lui demande sa protection. Professeur de littérature à l’Université, Luis Rosales s’apprête à rejoindre le front comme volontaire phalangiste. Il accourt immédiatement à la ferme de San Vicente. Après un rapide conciliabule, il est décidé que Lorca logera chez son ami, au centre de la ville, à trois cents mètres du siège du gouverneur civil où réside le commandant Valdés.  Dès son arrivée dans la demeure des Rosales, les frères aînés de Luis, Miguel et Pepe – deux phalangistes de la première heure – et leurs parents accueillent le poète à bras ouverts.

Valdés et Ruíz Alonso vont mettre onze jours avant de découvrir sa cachette. Le 16 août, la sœur de Federico, Concha, dont le mari a été arrêté le 20 juillet, parle, apeurée sous la menace de voir son père emmené en otage. Pour Valdés et Ruiz Alonso l’aubaine est trop belle. Ils vont enfin pouvoir se débarrasser des Rosales et du groupe des « vieilles chemises » qui leurs sont ouvertement hostiles.

Le jour même, Ruiz Alonso, muni d’un mandat d’arrêt et accompagné de deux sections de miliciens de la CEDA, se présente au domicile des Rosales. En l’absence des trois frères et de leur père, il est reçu par Madame Rosales. Ruiz Alonso se fait rassurant. Son attitude est même tellement mielleuse que le malheureux Lorca se convainc qu’il ne lui arrivera rien. Prudente, Madame Rosales retient Ruiz Alonso pendant qu’elle fait chercher son fils d’urgence au siège de la Phalange. Miguel accourt en hâte et s’interpose, mais en vain. Emmené de force, Federico García Lorca est fouillé et emprisonné.

Dès le soir, Luis et Pepe, de retour du front, décident d’agir avec l’appui d’une dizaine de phalangistes. Indignés, tous se rendent au siège du gouverneur civil dans l’intention de libérer leur ami. À l’entrée, Pepe bouscule les gardes qui barrent le passage ; il surgit dans le bureau du gouverneur civil et récrimine durement Ruiz Alonso et le Commandant Valdés. L’altercation est extrêmement violente, Pepe sort son revolver, mais à un contre cinq la détermination du petit groupe de phalangistes ne suffit pas. Pepe Rosales n’obtient finalement que l’autorisation de voir le prisonnier.

Le 17, Pepe se présente à nouveau devant Valdés. Il est cette fois en possession d’un ordre de libérer Garcia Lorca, qui a été signé par le gouverneur militaire, le colonel Antonio Gómez Espinosa. Mais rien n’y fait. Valdés ne se démonte pas et répond qu’il regrette, mais que le prisonnier n’est plus là. Un mensonge gobé par Pepe Rosales qui ignore que Lorca est encore là pour quelques heures.

Le 19 au matin, Federico García Lorca est transféré en secret à l’ancienne résidence pour enfants de la Colonia, qui a été convertie depuis peu en lieu de détention. Conduit sur la route d’Alfaraz, il est sommairement exécuté avec deux compagnons d’infortune, le maître d’école, Dióscoro Galindo et le banderillero Francisco Galadi, à 4 heures du matin, au pied des oliviers du ravin de Viznar.

Dès années durant, le principal responsable de sa mort le Commandant Valdés niera toute implication dans l’affaire. Mais depuis 1983, grâce aux recherches du journaliste de Grenade, Eduardo Molina Fajardo, la déclaration originelle des frères Rosales a été retrouvée et la responsabilité directe du Commandant Valdés établie.

L’exécution de Federico García Lorca fut bel et bien ordonnée par le Commandant Valdés avec l’aval du géneral Queipo de Llano. Au lendemain de ce crime barbare, Luis Rosales est emprisonné à son tour. Il évite d’être passé par les armes grâce à l’amende substantielle que verse sa famille et, surtout, grâce à l’arrivée inespérée, à Grenade, de l’un des plus prestigieux chefs phalangistes, le médecin Narciso Perales.

Fidèle parmi les fidèles de José Antonio, Perales se heurte dès son arrivée au Commandant Valdés. Il témoignera bien plus tard qu’au cours de leur dispute Valdés lui avoua cyniquement : « Écoutez, pour moi dans toute cette histoire de national-syndicalisme, ce qui est national me semble bien, mais ce qui est syndicalisme me donne des maux d’estomac ». Curieusement, le commandant Valdés, toujours affublé de la chemise bleue phalangiste dans les films et les séries télévisées, ne la porte jamais sur les photos de l’époque qui furent publiées notamment dans le journal Ideal entre juillet 1936 et juillet 1937.

Après la création de la nouvelle Phalange Traditionaliste de Franco, née de la fusion imposée de la Phalange originelle et des divers partis de droite, et la condamnation à mort du second chef national de la Phalange, Manuel Hedilla, par les autorités franquistes, en avril 1937, le docteur Narciso Perales entrera dans la dissidence et la clandestinité.  Quant à Luis Rosales après avoir collaboré à de nombreuses revues littéraires phalangistes, pendant les années 1940 et 1950, il prendra ses distances avec le régime.

En mars 1937, peu de temps avant la disparition de la Phalange de José Antonio,  deux revues condamnent expressément l’assassinat de Lorca par la voix du phalangiste Francisco de Villena de Saragosse. Une belle élégie en hommage à Lorca est publiée par lui dans le quotidien Amanecer, puis dans l’hebdomadaire Antorcha. À nouveau, le 11 mars 1937, Luis Hurtado Álvarez publie un article dans le journal phalangiste de Saint Sébastien, Unidad, dont les premiers mots sont sans équivoque : « On a assassiné le meilleur poète de l’Espagne impériale». Enfin, pour ne citer qu’un exemple de plus, en 1939, le poète phalangiste, José María Castroviejo, dédie lui aussi un poème à Federico García Lorca, qui est repris dans son recueil Altura.

Après la guerre, alors que dans l’Espagne franquiste personne n’ose évoquer officiellement les véritables circonstances de l’assassinat du poète, des phalangistes amis de José Antonio ne se privent pas d’affirmer publiquement que « Lorca était le poète préféré de José Antonio ». Dans les années 1940, 1950 et 1960,  les revues des jeunes du Front de la Jeunesse et de la Section féminine, dirigée par Pilar Primo de Rivera, publient régulièrement les poèmes de Lorca. En 1952, les théâtres ambulants de la Section féminine représentent la Zapatera prodigiosa.

Bien des années plus tard, en 2012, Juan Ramirez de Lucas, collectionneur et critique d’art connu, rompra un long silence en évoquant sa relation homosexuelle avec Federico. C’était en 1936, il était alors âgé de 19 ans (Il reçut vraisemblablement la dernière lettre écrite par le poète andalou, datée du 18 juillet 1936). Depuis cette révélation, l’énigmatique inspirateur des célèbres Sonetos de amor oscuro est enfin connu. Auteur de plusieurs livres, défenseur du Valle de los Caidos, œuvre de l’architecte Diego Mendez, Juan Ramirez de Lucas, a été le grand amour de Federico. A vingt cinq ans, il  s’est engagé dans la 3ème Batterie du Régiment d’Artillerie de la Division Azul pour lutter contre le communisme sur le Front de l’Est. Para la suite, de retour en Espagne, il est entré à la rédaction du journal ABC, sur la recommandation de Luis Rosales, avant de devenir un spécialiste de l’art populaire et un expert de la critique d’architecture.

L’histoire, on le sait, est toujours plus subtile et plus complexe que ne le laissent accroire les idéologues. Grâce aux efforts de quelques historiens sérieux, la fausse rengaine d’un Federico Garcia Lorca, « intellectuel de gauche assassiné par la Phalange », si appréciée des propagandistes du Komintern, finira bien par s’éteindre et la vérité historique par s’imposer.

Arnaud Imatz

[1] Christian Brosio, Qui fut responsable de l’assassinat du poète Federico García Lorca, au début de la guerre civile espagnole, en 1936 ? in  Valeurs Actuelles, 8 décembre 2014.

[2] Sur la vie et les circonstances de la mort de Federico García Lorca on peut se reporter aux travaux de Marcelle Auclair, José Luis Vila San Juan, Luis Hernández del Pozo, Eduardo Molina Fajardo, Manuel Titos Martínez, Ian Gibson et Ricardo de la Cierva.

[3] Gabriel Celaya, “Un recuerdo de Federico García Lorca”, Realidad: revista de cultura y política, Rome, 9, avril 1968.

5 thoughts on “« La propagande et l’histoire : la vraie mort de García Lorca », par Arnaud Imatz”

  1. Arnaud Imatz says:

    Deux compléments d’information :
    1. La date exacte de la mort de Federico García Lorca (18 ou 19 août 1936) a longtemps fait l’objet de polémiques. La majorité des historiens penche désormais pour le 18 août à 4h 45.
    2. À ce jour, les tentatives d’exhumation de son corps, effectuées sur la base des différents témoignages recueillis depuis 1955, ont toutes été infructueuses.
    A.Imatz

    1. Éric Guéguen says:

      Bonsoir et merci pour cet article.

      Échange de bons procédés, je vous soumets le mien, paru ce jour (court, léger et polémique) :
      http://www.causeur.fr/marine-le-pen-bourdin-torture-30634.html

      EG

      1. Arnaud Imatz says:

        Merci pour votre “Le Pen et Bourdin”, juste et bien envoyé.
        Joyeux Noël et Bonne année 2015 à vous tous.
        AI

        1. Éric Guéguen says:

          À vous également.

  2. Andres says:

    L’article, certes apportant des infos interessantes, est basé sur une affirmation péremptoire, partiale, anticommuniste (l’évocation burlesque du Komintern). Il semble avoir pour but de blanchir la Phalange. Or ce qui est communément dit c’est que García Lorca a été assassiné par les franquistes, par les « nationalistes », par les « putshistes » etc. Et ensuite, Antonio Primo de Rivera, de famille du dictateur du même nom, se proclamait clairement et ouvertement fasciste.

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