« La crèche et les petits dieux du peuple », par Claude Bourrinet

Jean-Paul Brighelli rappelait1 que l’institution des crèches, n’avait que peu de liens historiques et religieux avec le christianisme authentique. Le terme « institution » est employé ici pour évoquer le mortier des siècles, la lente et merveilleuse fabrication d’une coutume populaire, qui se sert des pierres laissées par les traditions ancestrales, de cette mémoire longue qui plonge parfois dans les temps protohistoriques, pour ériger des « monuments » (du latin monumentum, dérivé du verbe moneō « se remémorer »). Les crèches appartiennent à cet « art » de tous, œuvre artisanale dont on ne connaît pas l’auteur, car elle jaillit du génie communautaire, comme les contes, les légendes, les chansons de village et des danses dit « folkloriques », dont les volutes manifestent quelques chose des mythes éternels.

Les crèches, dont la création est redevable de récits bibliques apocryphes, signifient, d’une façon bon-enfant, la revanche du paganisme sur une religion allogène, judaïque, violemment hostile aux « idoles ». Le christianisme primitif a eu du mal à se défaire de ces a priori anthropologiques, au point que sa réappropriation de l’art « païen » n’est devenue évidente que dans le temps même de sa résistible victoire sur les antiques croyances. L’art dit « chrétien », qui doit beaucoup à l’art impérial du IIIe siècle2, s’est affirmé quand la nouvelle religion du Christ a senti qu’il n’existait plus guère de danger provenant de l’ancienne religion, c’est-à-dire après le putsch de Constantin, dit « le grand », au début du IVe siècle.

Ce que l’on examine, de l’ « art chrétien » du moyen âge, appartient à ce genre de d’équivoques qui ne cessent d’agiter les spécialistes, l’équivalent des interrogations qui se posent lorsqu’on se demande s’il peut exister une philosophie chrétienne. De la même façon, on peut appréhender la foi galiléenne comme une acculturation du judaïsme, qui s’est fondu dans la Weltanschauung, la vision du monde hellénistique, avec, cependant, un noyaux monothéiste et iconoclaste persistant, qui se réactive par intermittence. D’autres apories peuvent aussi naître d’une analyse poussée des légendes issues de la « Matière de Bretagne ».

La République – du moins celle qui s’est illustrée en France – a eu pour ambition de restituer l’État romain, sa vertu, son sens de l’État, bref, la res publica. Or, cette « chose publique » peut se confondre aisément avec la laïcité telle qu’elle s’est traduite lors des lois de séparation de l’Église et l’État, en 1905. C’est évidemment, si l’on cherche des sources référentielles à cette brisure entre le sceptre et le goupillon, une illusion de trouver des justifications dans l’Histoire, car jamais, dans les temps anciens, même à l’époque de la querelle entre l’Empire romain-germanique et la papauté, on a conçu une société qui ne fût façonnée de ces deux pans indissociables que sont le temporel et le spirituel, ce qu’exprime très bien le terme de « religion », qui induit un rapport de dépendance entre le haut et le bas, entre le terrestre et le suprahumain. Même saint Augustin, dans La Cité de Dieu, ne sépare pas, de facto, la cité des hommes de la cité de Dieu, qui sont inextricablement mêlées, dans la vie civique, et dans les cœurs. Le point nodal, où s’incarne cette rencontre entre les deux ordres, est, bien sûr, la morale, ou, plus précisément, la charité.

La décision de l’État de couper les deux réalités de l’être humain, entre, d’un côté, la chose publique, et, de l’autre, la chose privée, ne visait pas, au début du XXe siècle, à empêcher la seconde de s’exprimer librement. La République a, au demeurant, eu besoin de l’appui de l’Église durant la guerre de 14-18, comme, plus tard, le bolchevique Staline a eu recours à l’Orthodoxie durant la Grande Guerre patriotique qu’a menée l’empire soviétique contre l’empire nazi. Les hommes n’aiment pas mourir pour des idées, il leur faut la chair et le sang de leur mémoire pour se sacrifier.

L’agressivité dont font preuve, actuellement, les tenant d’une laïcité « pure » délivrée de tout signe religieux, lorsqu’ils revendiquent une sorte d’épuration civique, de nettoyage des rues, des édifices officiels, des corps et des écrans virtuels, et, bientôt, pourquoi pas, comme dans les meilleurs récits contre-utopiques, rectifiant passé et futur, ne manque pas d’être assez singulière, si l’on s’en tient à la longue chaîne des siècles.

Il est certain que la volonté, récurrente, existe de niveler le catholicisme au rang de sensibilité religieuse comme une autre, niant de cette façon son rôle constituant de notre civilisation européenne et française. Penser, pour autant, que cette acrimonie éradicatrice relève d’un complot visant à substituer l’islam au christianisme pèche par excès. En effet, les « princes qui nous gouvernent », comme disait feu Michel Poniatwski, n’usent des musulmans qu’en ce que ceux-ci servent d’instruments de démolition. Le multiculturalisme n’est pas, dans notre espace historique l’expression d’une civilisation, mais une arme contre la civilisation. La présence de religions allogènes, dans la Rome antique, n’a été tolérée, voire encadrée, comme le judaïsme, qu’en tant qu’elles de constituaient pas un péril pour la sauvegarde  de l’ « empire ». La notion de « tolérance », au sens que lui ont donné les Lumière, est, en ce qui concerne cette époque, tout à fait anachronique. Le passage du paganisme au christianisme n’a pas été un changement radical dans l’octroi plus ou moins grand de la « liberté d’opinion, ou d’expression » qui, là aussi, rapporté à l’ère contemporaine, risque de se révéler tout autant anachronique que la notion de tolérance. Car non seulement les débats philosophiques ne concernaient qu’une élite très réduite, mais on sait combien cyniques, stoïciens, épicuristes, ont pu être l’objet de désagréments de la part du pouvoir, et, surtout, quel a été la lente dérive structurelle, qui a formaté l’appréhension de l’univers, et, de syncrétismes en confusions, d’hénothéisme fondé sur un usage métaphorique des divinités, en synthèse entre aristotélisme, stoïcisme et platonisme, jusqu’au triomphe, dans les cercles cultivés de l’aristocratie, du néoplatonisme, et a préparé l’avènement de la théologie chrétienne et sa propension à caréner une orthodoxie pérenne3.

Aussi bien serait-on avisé de ne pas interpréter l’évolution de ce que d’aucuns nomment « le système » comme un mode opératoire unique, reposant sur une vision stratégique homogène, d’où seraient tirées les ficelles qui manipulent des marionnettes. Non qu’il n’existe pas des officines plus ou moins occultes, mais les visées semblent parfois contradictoires. Comment concilier, en effet, la volonté de balayer tout signe ostentatoire de la religiosité – dont le fameux voile intégral – , et de promouvoir, dans le même temps, l’islam, en finançant, par exemple, des mosquées. S’appuyer sur des populations étrangères, par leurs cultes, leur religion, leurs symboles civilisationnels, voire leurs mœurs, pour diminuer l’importance de la mémoire de l’Europe, et, parallèlement, se hérisser frénétiquement dès qu’apparaît toute allusion à la religion, voilà ce qu’on appelle un paradoxe. En vérité, le tableau est pour le moins complexe.

D’autant plus que le monde musulman s’inscrit dans le monde « traditionnel », conservateur (au sens propre : « qui conserve »). Toutefois, le processus libéral mondial le fait passer progressivement et sûrement, comme toute chose, dans une logique postmoderne ; il se métamorphose, de réalité archaïque (de « archê », fondements originels) fortement ancrée, en expression d’une «opinion » comme une autre. Le vocable « religion » recouvre, sinon des acceptions différentes, du moins des degrés de pertes du sens inégaux. Car il s’en faut de beaucoup que toutes les sacralités se vaillent, tant synchroniquement que diachroniquement. Le christianisme de l’homme contemporain, si l’on prend la peine de sonder les cœurs et les intelligences, est sans commune mesure avec celui des temps anciens, et il est fort probable que le premier partagerait malaisément le sort du deuxième, qu’il appréhenderait à l’horreur pour les contraintes religieuses qu’éprouve tout hédoniste contemporain. De même, qu’y a-t-il de semblable entre la conception du sacré d’un paysan du Bengale, par exemple, et celle d’un évangéliste américain ?

La question essentielle est, non de ravaler toute sacralité à une dénominateur commun, par exemple la foi (aussi peu discernable que l’amour), ou bien, plus identifiable, les rites ou les bâtiments confessionnels, mais de savoir quel type de religiosité sied parfaitement au « système » libéral. Or, la logique de la « main invisible », du marché, est de déminer, de dédramatiser, de folkloriser, de dysneylandiser les patrimoines, les traditions, les appartenances, les identités. On se satisferait d’une multitude de communautés, à condition qu’elles se parent des attributs d’une mode, certes, un peu spéciale (comme les « identités sexuelles »), mais compatibles avec cet arc-en-ciel qu’on arbore comme le drapeau de la diversité. Autrement dit, pour la gloire et l’intérêt du doux commerce, il est nécessaire que se multiplient les appartenances, si possible interchangeables, mais sans les inconvénients ataviques de ces engagements, l’exclusivité, l’intolérance, la guerre, les bûchers, ou bien la permanence, la discipline, la règle, la rigueur de la doctrine.

La seule entité viable (si l’on ose dire) de l’ère postmoderne est une bulle vide, flexible, polycompatible, éthérée, irresponsable, vaguant à tous vents, surtout aux caprices du marché. La religion est un marché comme un autre. La gravité de la tradition authentique, comme celle de l’ensemble des sociétés qui ont disparu, diluées par les flux corrosifs de l’argent, cette pesanteur solennelle, digne, noble, que les Romains considéraient comme la marque de l’honnête homme, n’a pas sa place dans un monde liquéfié, qui n’est, aux dires de la Dame de Fer, pas une société4. Ne resterait in fine qu’un être évaporé, déracine de la terre, sans laquelle aucune civilisation ne peut vivre d’une vraie vie, ne peut devenir la demeure du monde.

Faut-il parler, alors, de religion, de projet religieux conquérant, dominateur, tel que le serait l’Islam, comme nous l’assurent les Identitaires ? Il semblerait plutôt que l’on assistât à l’un des derniers assauts contre l’esprit religieux. Les musulmans devraient porter attention aux effets dévastateurs de la modernité : on ne peut être véritablement adepte d’une tradition spirituelle, et drogué aux poisons de la société de consommation, de la sous-civilisation matérialiste, américanisée, bafouant toutes les valeurs qui ont été vénérées pendant des millénaires.

A cette aune, la censure des crèches apparaît comme l’aboutissement d’un processus de désenchantement commencé avec les religions judaïsantes. La société marchande est  la fin et le triomphe d’un monothéisme délivré de ses oripeaux païens. L’empire romano-chrétien a tenté, par la violence ou la propagande, l’intimidation ou la persuasion, d’extirper des cœurs, des consciences, et des paysages, les reliquats d’une religion haïe, que l’on dénonçait comme le suppôt du diable, comme le témoignage de la déchéance humaine5. Le christianisme fut une religion nouvelle, une révolution. Son projet de nouvel homme se voulait radical. La nouvelle foi plongeait jusqu’au fond des êtres, et les sommait d’adhérer, d’aimer, de se sacrifier pour elle, ce que les traditions sacrales ancestrales n’exigeaient pas. Il fallait arracher les racines du mal, jusqu’au tréfonds de la terre humaine. La traque des derniers païens, la destruction ou la récupération des vestiges anciens, des chênes sacrés, des sources, des temples, des hauts lieux, furent, au moyen-âge, un combat incessant. Et vain, comme l’on sait, puisque des legs païens restèrent vivaces, comme Noël, et, justement, nos fameuses crèches, avec leurs animaux sentant l’humus.

Pour la première fois, le libéralisme est en voie de réaliser ce qui avait été entrepris il y a deux mille ans : soustraire à la joie humaine la chair et la saveur des petits dieux populaires, ceux qui accompagnaient, jadis, les tribulations des humbles. Et l’on retrouve, dans cette volonté dévastatrice, cette rage rabbinique, ecclésiastique, qui s’en prenait autrefois aux héritages païens, même si cette haine est maintenant dirigée par des laîcistes, contre le christianisme même, comme chose du passé.

Claude Bourrinet

1          Jean-Paul Brighelli, Ce que cache l’interdiction des crèches de Noël, Le Point, 10 décembre 2014

2          Bernard Andrae- L’art de L’ancienne Rome – Paris – Editions Mazenod, 1988

3          Polymnia Athanassiadi, La Lutte pour l’orthodoxie dans le platonisme tardif, éditions Les belles Lettres, 2006

4          Margaret Thatcher : « There is no such thing as society: there are individual men and women, and there are families. » 1987

5          Ramsay MacMullen, Christianisme et paganisme du IVe au VIIIe siècle,  Les Belles Lettres, 1998

2 thoughts on “« La crèche et les petits dieux du peuple », par Claude Bourrinet”

  1. init6a says:

    Vous écrivez :
    « Penser, pour autant, que cette acrimonie éradicatrice relève d’un complot visant à substituer l’islam au christianisme pèche par excès. En effet, les « princes qui nous gouvernent », comme disait feu Michel Poniatwski, n’usent des musulmans qu’en ce que ceux-ci servent d’instruments de démolition. »

    Excès ? voire.
    Si Poniatowski a raison, alors il y a bien une intention de démolition, au moins de déstabilisation. Les facilités financières pour la construction de mosquées, violant souvent la loi de 1905, ont une cause politicienne électoraliste évidente.

    Vous écrivez plus loin :
    « parallèlement, se hérisser frénétiquement dès qu’apparaît toute allusion à la religion, voilà ce qu’on appelle un paradoxe. »
    Qui encourage les entorses à la loi de 1905, et qui « se hérisse », et surtout contre quoi ?
    Les municipalités socialistes qui accordent des baux avantageux pour construire, qui subventionnent, les élus et représentants de l’Etat qui ès qualités visitent officiellement des édifices religieux, suivis d’une nuée de photographes, pour raison électoraliste, on ne peut pas dire qu’ils se hérissent … sinon contre la loi.
    La Libre pensée qui a entrepris une croisade (oh pardon) contre les crèches, qui par ailleurs s’insurge contre les mesures anti-voile au nom « des droits des travailleuses musulmanes », voilà qui donne lieu de s’étonner des deux poids deux mesures : nous n’avons pas l’habitude de voir accoler sous leur clavier une étiquette religieuse aux droits des travailleurs.
    Alors, LP-Qatar même combat ? pour le meilleur respect des doits des femmes sans doute ?

    La LP aurait mieux fait de s’insurger contre le culte de la marchandise et la débauche de gaspillage qui dégouline scandaleusement des vitrines, comme elle dégouline des publicités sur internet, à vomir.
    Ils auraient mieux fait de détourner très légèrement le symbole de la crèche : Marie et Joseph sont des SDF, comme il y en a hélas beaucoup trop ; que des vrais sans-logis vivants avec leurs enfants occupent en vrai comme manifestants ces crèches publiques dans les lieux publics, manifestant avec les pauvres de Montpellier inculpés parce qu’ils fouillent les poubelles pour trouver à manger.
    Ce serait oeuvre politique plus digne.

  2. Louis Marie Bernard says:

    Y a til une téléologie ?un sens de l’histoire?S’il y a un déterminisme(une cause finale), est il celui de Dieu ou celui des hommes,en un mot y a t il une logique totalisante,celle de l’Un,du principe d’identité et depuis Parmenide de non contradiction:l’être est ,le non être n’est pas?.Cette téléologie divine est propre aux religions mono-théistes avec des moyens propres à chacune,Spinoza en son temps(et Hobbes avant lui) faisait un constat,celui du désir centré sur soi:vivre c’est désirer,désirer c’est chercher à survivre et ne connaissant l’ordre des choses (seul Dieu le connaît ,sa liberté est nécessaire) l’homme se croit libre en s’opposant à cet ordre,illusion de sa liberté, »persévérer en son être » et aliéné par ses passions(passif),ses connaissances inadéquates(du premier genre,de l’imagination),son utilitarisme irrationnel,se croyant « un empire dans un empire »,sa liberté n’est qu’illusion.
    Illusion,imagination,superstition,représentation imaginaire de la nature,mythologie,surnaturel,présages heureux,funestes,…La cosmogonie païenne avait réglé le problème,les dieux de l’Olympe assis sur leurs nuages contemplaient ces « êtres dans le monde » serviles leur rendant hommage de façon plus ou moins syncrétiques,fatalistes,les dieux ne légiférant en rien sur leur destinée(il y avait un ordre naturel,une loi naturelle,chacun sa place,les orbes comme les hommes) ,les philosophes pour certains constataient… et prônaient une éthique individuelle(épicurisme,stoïcisme,scepticisme,…)au mieux de l’entre soi(recherche de l’iso-philia et de l’eu-thymia),pour d’autres et à partir d’un certain Socrate…le logos=la raison libératrice des passions,Nietzsche y a vu un crépuscule des dieux…à raison(toujours là,celle là!).
    Vous me direz:quel est est le lien avec l’article?
    Spinoza le trouve=le transcendant,la loi morale divine des monothéismes,normaliser la réalité sur un modèle transcendantal (le Vrai,le Bien,le Juste,…),modèle rationalisé par le logos (délirer avec les grecs),ce qui est bien,ce qui est mal,la scolastique occidentale surtout à coups de tractus et de sommes,d’hypostases,de conciles,de consubstantialité,de transsubstantiation,de croisades,de guerres de religion,de prosélytisme,Dieu et Cesar plus souvent que Dieu ou Cesar,canalisation de la crainte,divine Providence,fureur divine,alliance du sabre et du goupillon,…La révolution,la déchristianisation certes,mais le politique a besoin du théologique,unir le peuple,fonder une nation sur une croyance rationnelle,sur une loi morale réifiée publique(res-publica),l’Etre suprême,l’arbre de la liberté en lieu et place de l’arbre du péché « vous savez celui de la connaissance »défendu,la loi devenait humaine (le contrat social), exit la mosaïque et la messianique,place à l’homme et à ses droits,liberté,égalité (la fraternité est venue a posteriori),l’isonomia passait à l’action,enfin après quelques millénaires de sommeil elle allait se déployer en isocratie,le demos avait vaincu croyait il les démons de la superstition substituant le relatif à l’absolu,le contingent au nécessaire,le singulier au collectif,oubliant qu’en chassant le naturel il reviendrait au galop…les monades sans loi.
    « Et le professeur Nimbus est arrivé,frappant les cieux d’alignement ,chassant les dieux du firmament,et l’un des derniers dieux ,l’un des derniers suprêmes ne doit pas se sentir tellement bien lui même,un beau jour on va voir le Christ descendre du calvaire et dire dans sa lippe ,merde je ne joue plus pour tous ces pauvres types,j’ai bien peur que la fin du monde soit bien triste »(Brassens),la voilà la téléologie.
    Vous l’avez compris la science (techno science),le principe anthropique,le topos de l’homme est sans limites,infini,absolu(délié) de toute loi morale,on parlera d’éthique de ci de ça,la morale comme principe de précaution,prévention du risque,assurer le risque ou se rassurer…
    Vous me direz où sont passés ces fichus santons?Le Soleil invaincu ,Sol Invictus,Dies natalis solis,nativité,Dieu s’est fait homme,messie pour les uns,prophète pour les autres,crucifié comme hérétique et blasphème pour les élus de la première heure.
    Ces fichus santons c’est nous,archaïcisés,enracinés,pétrifiés à genoux sur la paille entre l’âne et le boeuf, Marie pleure,Joseph se désespère ,le peuple a même oublié l’arbre de la liberté,il l’a remplacé par un sapin vulgaire et les rois mages sont restés en Chine ou plutôt se sont délocalisés,mondialisme oblige,l’homme consomme,le sujet est devenu transitoirement citoyen est téléologiquement devenu consommateur=homo economicus indifférencié toute voile dehors déployant son conatus dans une libération totale de ses désirs et n’ayant en tête que la représentation de la valeur marchande…
    A tous joyeux Noël
    NB=L’Islam résiste au libéralisme,utilisons le(utilitarisme)..,l’évangélisation nord américaine ne fonctionne pas .alors vieille méthode politique:un Islam de marché d’une part (les multinationales,les pétro-dollars savent faire),la stigmatisation de l’autre (le choc des civilisations,le complexe militaro-industriel s’en charge).

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