3 thoughts on “Pierre le Vigan sur l’effacement du politique”

  1. Louis Marie Bernard says:

    Je suis bluffé par le slalom intellectuel de Pierre Le Vigan,d’une thèse à l’autre depuis Platon jusqu’à Lefort et Latouche en passant par Kant ,Rousseau,Tocqueville et Marx témoignant d’une culture profonde au service d’une méthodologie quasi structuraliste(recherche de l’épistémé) digne d’un Foucault=trop de besoin d’humanisme (l’ubris de l’étantité abstraite) tue l’humain (l’être,Heiddeger aurait dit l’être là en tant que possible),la société du tout a l’ego indifférencié(horizontalité) sans surmoi moral et politique(verticalité) indispensable à sa condition même d’être conscient de ses limites,l’illimité dans la confiance illimitée dans le progrès sorte de Graal,l’être là abandonne à l’étant (la réification de tout=marchandisation) son présent,obère son futur ,réduit qu’il est à l’état de monade relativiste,tout se valant, dans l’amnésie de son passé.L’absurde revisité par Pierre Le Vigan.
    Encore bravo,Camus faisait un constat en face de cette condition absurde de l’homme: »je m’engage donc nous sommes »,mais si le diagnostic est fait, la question reste ouverte afin de trouver les moyens (qui ne peuvent être que politiques) de réaliser collectivement une rupture avec l’idéologie totalitaire ( jugement a posteriori) du réalisme (a priori) béat d’un F Fukuyama prédisant « la fin de l’histoire »,sans préciser les modalités de cette fin.

  2. Éric Guéguen says:

    Encore un entretien très intéressant, apte à fédérer celles et ceux que la médiocrité contemporaine désespère.

    Je me permettrai juste de critiquer une formule :
    « La pensée libérale privilégie la morale et l’économie par rapport au politique et à l’État ».
    Pour ma part, je ne vois pas tout à fait les choses de cette manière. La pensée libérale privilégie l’économie, c’est un fait, et fait contre mauvaise fortune bon cœur en invoquant de temps en temps la morale, ou plutôt la moraline des droits de l’homme, lorsqu’il devient manifeste que le marché autorégulé n’est qu’une farce.
    Mais en substance, la pensée libérale me semble être celle de l’éclatement général, de l’éclatement des individus de leur communauté d’appartenance tout d’abord, et de l’éclatement des disciplines d’autre part, permettant à l’économie de voler de ses propres ailes et d’émasculer la politique. Cette dernière, qui avait toujours partie liée avec l’éthique avant le grand chambardement moderne, s’est retrouvée, sous les coups de boutoir de Machiavel, Hobbes, Locke et autres, esseulée, confinée à la Realpolitik et bientôt considérée uniquement sous les espèces d’un rapport de forces perpétuel que les droits de l’homme viendraient en quelque sorte tempérer (louééééés soient-ils !!).

    J’entends par là que si la morale des droits de l’homme est aujourd’hui une fausse bonne idée et l’instrument du marché tout-puissant, nous aurions tort, je pense, de penser le retour du politique sans l’adosser à la nécessité éthique.

    Bien à vous,
    EG

  3. Louis Marie Bernard says:

    Eric,
    l’assertion de Pierre Le Vigan mériterait à elle seule un développement déjà tenté par d’autres Marx et plus près de nous Clouscard,Michéa,dans toute démocratie l’état est réduit à un rôle de gestionnaire (pour la France d’aujourd’hui fondé de gestion,voire fondé de gérance d’un fonds de commerce en dépôt de de bilan dont il a vendu les murs aux marchés et à la technostructure autoproclamée bruxelloise) gestionnaire donc AXIOLOGIQUEMENT neutre(Michéa insiste sur ce terme) et chacun (j’entends chaque citoyen) revendique sa vue de la morale dans un cadre singulier (autonomie) ou particulier (ethno communautaire) dans un contexte de laïcisme dont le socle est « les droits de l’Homme » et du consommateur ».Quand la norme et la jurisprudence (common law) remplacent le droit civil dans un cadre de déchristianisation acharnée afin de rompre les derniers vestiges de la loi divine (hétéronormée) il y a une inversion des valeurs,mais inverser n’est pas gommer,oui il y a un grand renversement de la morale,celui voulu (et c’est en ce sens que P Le Vigan emploie l’euphémisme « privilégie ») par le libéralisme-libertaire.
    Je ne suis pas très optimiste sur la suite des événements et le curseur de la règle morale me semble avoir un point de non retour vers l’Hybris,prenons garde à la vengeance des dieux,la Némésis,quelle forme prendra t elle?
    A tous
    LM

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